Climat : Greta Thunberg a-t-elle lancé un ultimatum pour sauver le climat lors du forum économique mondial de Davos ?

FAKE OFF La militante a réfuté avoir fixé à huit ans le délai pour sauver le climat, comme l’annonçait le forum économique mondial de Davos sur Twitter. Si elle a bien fait allusion à ce délai de huit ans, Greta Thunberg explique avoir fait référence à un rapport d’experts sur le climat

Mathilde Cousin

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Greta Thunberg, lors d'une table ronde au forum économique mondial à Davos, le 21 janvier.
Greta Thunberg, lors d'une table ronde au forum économique mondial à Davos, le 21 janvier. — Markus Schreiber/AP/SIPA
  • Greta Thunberg a corrigé un tweet du forum économique mondial de Davos, où elle est intervenue mardi.
  • Selon le compte Twitter de l’événement, la militante aurait lancé une date limite pour sauver le climat.
  • Greta Thunberg a expliqué avoir cité un rapport des experts du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sur les émissions de CO2 dans le monde.

Une passe d’armes publiques. Mardi, le compte Twitter du forum économique mondial, qui se déroule à Davos jusqu’à ce vendredi, a rapporté un ultimatum qui aurait été lancé par Greta Thunberg. « Greta Thunberg déclare à Davos 2020 : Nous avons huit ans pour sauver le climat », a ainsi publié le compte de l’événement, renvoyant vers son site.

La militante a réagi, niant avoir tenu ces propos. « Je n’ai jamais dit quelque chose comme cela, et je ne le dirai jamais, a-t-elle lancé sur Twitter. Il n’est jamais trop tard pour en faire le plus possible, chaque fraction de degré compte. Il n’y a bien sûr pas de "dates" magiques pour "sauver le monde". Je ne fais que citer le rapport du Giec sur les conséquences du réchauffement climatique de 1,5 degré au sujet des budgets [c’est-à-dire les quotas d’émission] de CO2 restants. »

Le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) est un groupe de scientifiques issus des pays membres de l’ONU. Dans leurs rapports, ils évaluent les connaissances scientifiques sur le changement climatique.

FAKE OFF

Greta Thunberg est intervenue à deux reprises mardi au cours du forum économique mondial. C’est pendant une table ronde avec d’autres jeunes militants que la Suédoise a rappelé « la situation actuelle », citant le groupe d’experts de l’ONU (son intervention est visible dans cette vidéo, à partir de la 36e minute) : « Au chapitre deux, page 108 du rapport du GIEC sur les conséquences du réchauffement climatique de 1,5 degré, publié en 2018, il est écrit que, si nous devons avoir 67 % de chances de limiter l’augmentation moyenne de la température mondiale à moins de 1,5 degré Celsius, il nous restait, au 1er janvier 2018, environ 420 gigatonnes de CO2 à émettre […]. »

La militante a poursuivi le calcul : « Et, bien sûr, ce chiffre est bien plus bas aujourd’hui, car nous émettons environ 42 gigatonnes de CO2 chaque année, y compris l’usage des terres. Avec les niveaux d’émissions actuels, les quotas d’émission restants seront épuisés en moins de huit ans. Ces chiffres ne sont pas l’opinion de n’importe qui ou des opinions politiques. Ce sont les meilleures données scientifiques actuellement disponibles. »

Si elle n’a pas lancé un ultimatum en bonne et due forme, Greta Thunberg a exhorté les pays à baisser drastiquement leurs émissions. Avant d’insister : « Chaque fraction de degré compte. »

A Davos, Greta Thunberg a répété une argumentation qu’elle avait déjà tenue devant le Congrès américain en septembre, notamment.

Dans leur rapport, les experts du Giec appellent à limiter le réchauffement à 1,5 degré et non à 2 degrés. Ce but est atteignable si des actions « rapides et de grandes envergures » sont entreprises, estiment-ils.

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