Bretagne : « Elle m’a permis de survivre »... Guirec et sa poule Monique affichent leurs aventures sur grand écran

VOYAGE Le jeune explorateur a parcouru plus de 80.000 kilomètres sur son voilier Yvinec avec sa poule pondeuse

Camille Allain

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L'aventurier breton Guirec Soudée et sa poule dans le grand nord. Lancer le diaporama
L'aventurier breton Guirec Soudée et sa poule dans le grand nord. — @Guirec Soudée
  • L’aventurier Guirec Soudée est de retour en Bretagne depuis un an. Il habite sur une île dans les Côtes d’Armor avec sa poule Monique.
  • Le skipper présente son film « Du pôule nord au pôule sud », qui retrace ses aventures à bord de son voilier.
  • Le succès est tel que toutes les avant-premières affichent complet.

Il était inconnu du grand public et beaucoup le prenaient pour un fou. Cinq ans après le début de son incroyable épopée, Guirec Soudée est devenu l’un des aventuriers les plus suivis du pays, bien aidé par l’incroyable popularité de sa poule Monique. A 27 ans, le jeune Costarmoricain a jeté l’ancre il y a un an sur Yvinec, la petite île où il a grandi. Après avoir signé plusieurs livres retraçant son aventure, le jeune homme est désormais à l’affiche d’un film.

Un documentaire intitulé « Du pôule nord au pôule sud » coréalisé avec Estelle Gilles et relatant l’audacieux voyage qui a emmené Guirec et sa poule sur tous les océans, jusqu’à un hivernage en autarcie au Groenland. « Il y a tellement de gens qui nous ont suivis pendant notre aventure qu’on avait envie de les rencontrer », explique Guirec, qui enchaîne les avant-premières cette semaine.

« C’est elle la star »

Le jeune aventurier a pu mesurer sa nouvelle notoriété en voyant toutes les séances afficher complet en Bretagne. « Ils viennent pour voir Monique, c’est elle la star », ironise le jeune homme. Modeste, Guirec a cependant conscience que ses images du bout du monde ont fait rêver des milliers d’internautes. « Il y a d’abord des gens à qui on a donné le goût du voyage. Et puis d’autres qui ne peuvent pas bouger et qui ont voyagé à travers nos aventures ».

Parti en 2014 pour passer l’hiver prisonnier des glaces du Groënland, le jeune explorateur rêvait d’emmener un chien à bord de son voilier. Lors d’une escale aux Canaries, des amis lui ont finalement offert une poule, qui a traversé l’Atlantique à ses côtés. Celle que l’on surnomme Momo est devenue sa confidente, son animal de compagnie et une formidable ressource en nourriture sur la banquise. « On a effectué 83.000 kilomètres à la voile tous les deux dans des endroits qui n’avaient jamais vu une poule de leur vie. Ce n’est pas un animal lambda, elle est unique et elle m’a permis de survivre quand j’étais dans les glaces ». En 130 jours, Monique lui a offert 106 œufs, complément parfait au régime de riz du navigateur.

« Je n’ai qu’une envie, c’est de repartir »

De retour en Bretagne depuis un an, Guirec, Monique et le dernier arrivé Bosco, un chien qu’il a échangé contre une tronçonneuse lors d’une escale en Alaska, se sont installés à Yvinec. Là où le jeune garçon qui n’aimait pas l’école a grandi. Là où son père l’a élevé, avant de décéder quand son fils commençait son hibernation. « Je n’ai qu’une envie, c’est de repartir à l’aventure, admet le Costarmoricain. Mais j’ai pas mal de choses à régler avant ».

En naviguant près des deux pôles, Guirec a offert à ses fans des images époustouflantes d’icebergs et d’animaux sauvages. Mais il a aussi été le témoin du dérèglement climatique en marche. « Au Groënland, il y a des glaciers qui existaient sur ma carte qui avaient disparu. J’ai aussi vu des immenses blocs de glace dériver au large du Cap Horn, à des centaines de kilomètres de la banquise. Ou la pollution des mers avec nos plastiques. Tout ça fait flipper », reconnaît Guirec. Toujours enjoué, il termine sur une note d’espoir. « Je ne suis pas scientifique mais je témoigne de ce que je vois. Et j’ai l’impression que les enfants que je rencontre ont compris l’importance de la préservation de la planète ». Et c’est à eux qu’elle appartient.