Arcachon : Pourquoi les huîtres du bassin ne sont-elles pas touchées par le virus de la gastro ?

CONSOMMATION En raison de la détection de norovirus, 23 zones conchylicoles ont été fermées, mais le bassin d’Arcachon a été entièrement épargné

Mickaël Bosredon

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L'épidémie de gastro a épargné les huîtres du bassin d'Arcachon.
L'épidémie de gastro a épargné les huîtres du bassin d'Arcachon. — S.ORTOLA/20MINUTES
  • Les producteurs du bassin d’Arcachon peuvent continuer à servir leurs huîtres sur les marchés, dans les commerces ou à la cabane, insiste le comité régional conchylicole.
  • Le bassin a été épargné grâce à un système de réseau d’assainissement très performant.
  • Mis en place il y a cinquante ans, ce réseau contourne tout le bassin pour déverser les eaux usées et traitées dans l’océan au wharf de La Salie.

En raison de la détection de « norovirus », cause la plus courante de gastro-entérite, 23 zones conchylicoles - essentiellement sur la Manche et la façade Atlantique, comme en Charente-Maritime -  ont été fermées depuis début décembre, et « plus de 400 entreprises sont concernées » par ces restrictions. Des interdictions de pêche, collecte et commercialisation ont été émises sur les bassins de production concernés.

Qu’en est-il pour le bassin d’Arcachon ? « Aucune contamination n’est à déplorer sur notre zone de production » insiste le comité régional conchyliculture Arcachon-Aquitaine. « Nos producteurs peuvent donc continuer à servir leurs huîtres sur les marchés, dans les commerces ou à la cabane. » Cela concerne aussi les huîtres du Médoc et d’Hossegor. 20Minutes vous explique pourquoi le bassin a été épargné.

Qu’est-ce qui explique que les huîtres du bassin d’Arcachon ne sont pas touchées par le virus de la gastro ?

« Tous les territoires ne sont pas égaux dans la gestion de leurs eaux », explique-t-on du côté du comité régional conchylicole. Ainsi, le bassin d’Arcachon « est doté d’un réseau d’assainissement très performant, permettant de préserver le milieu marin. » Le virus de la gastro peut en effet survivre dans les collecteurs d’eaux usées, et contaminer une zone de production s’il y a contact entre les deux.

Quelle est la particularité de ce réseau d’assainissement ?

Créé il y a cinquante ans, le réseau d’assainissement du bassin d’Arcachon ceinture complètement le bassin, et il n’y a donc aucun rejet direct dans le bassin. « Le rejet, après traitement, s’effectue dans l’océan à l’extérieur du bassin, à un endroit très brassé où le taux de dilution et de diffusion est extrêmement important, sans aucun retour vers le bassin », insiste Sabine Jeandenand, directrice générale des services du Siba, le Syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon. « Par ailleurs, notre réseau ne comporte aucun déversoir d’orage, ce qui fait que le bassin est protégé. » Ce système est « complètement atypique, puisqu’on le retrouve uniquement autour du lac d’Annecy », ajoute la directrice.

De quels équipements se compose-t-il ?

Géré à l’échelle des 12 communes riveraines du bassin d’Arcachon, ce réseau est composé d’une canalisation [un collecteur] qui part de la pointe du Cap-Ferret et qui traverse toutes les communes jusqu'à Biganos, lieu où se trouve la première station d’épuration. « Un maillage de 420 postes de pompage ramène les eaux usées vers ce collecteur, précise Sabine Jeandenand. Nous sommes ainsi équipés de 1.200 km de réseau pour le territoire, ce qui est très conséquent au regard de notre superficie. »

Où les eaux usées sont-elles rejetées ?

A partir de Biganos, une grosse canalisation emmène les eaux traitées par la station, 15 km plus loin, au wharf de La Salie. « Le papetier Smurfit Kappa, à Biganos, possède sa propre usine de traitement, et ses eaux rejoignent également le même collecteur, ajoute Sabine Jeandenand. De même, il récupère au passage les eaux usées de l’usine d’épuration de La Teste, qui traite les communes du sud-Bassin, ainsi que les eaux traitées de la petite station de Cazaux. »

Le wharf de La Salie déverse les eaux usées, et traitées, du bassin d'Arcachon, dans l'océan.
Le wharf de La Salie déverse les eaux usées, et traitées, du bassin d'Arcachon, dans l'océan. - TRAVERS/SIPA

Le rejet des eaux traitées dans l’océan est une pratique courante, tout le long du littoral. Mais la particularité du wharf de La Salie, « est qu’il s’agit d’une canalisation aérienne, donc visible, alors que les autres points de rejet du littoral sont enterrés et ne se voient pas. »

Ce collecteur traite chaque jour 30.000 m3 d’eau urbaine (pour 120.000 habitants) et 30.000 m3 d’eau industrielle.