Gironde : « Ne crin plus rien », une association sauve des chevaux maltraités ou abandonnés

ANIMAL Des bénévoles se relaient pour venir en aide à ses animaux souvent en grande détresse

Clément Carpentier

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Eric Martin au milieu de ses chevaux.
Eric Martin au milieu de ses chevaux. — Ne crin plus rien
  • L’association « Ne crin plus rien » recueille des chevaux maltraités ou abandonnés par leurs propriétaires.
  • Installée à Izon et Génissac, elle s’occupe d’une vingtaine d’animaux au quotidien grâce à une petite équipe de bénévoles.
  • Aujourd’hui, elle lance un appel à l’aide face à un troupeau qui ne cesse de s’agrandir.

« On reçoit des appels tous les jours », Eric Martin n’est pas encore harcelé. Mais cela ne saurait tarder. Depuis que ce cavalier a décidé de recueillir des chevaux en grande détresse en 2018, son téléphone sonne quotidiennement : « Rien que ce week-end, j’ai fait trois interventions dans le département. On est sursollicités ! », affirme-t-il. Depuis la création de son association « Ne crin plus rien » il y a un an, ce Girondin a déjà géré plus de 60 dossiers et s’occupe à l’heure actuelle de 25 chevaux abandonnés ou maltraités.

« Au départ, j’en ai pris un puis deux puis trois… Et sans même communiquer dessus, on a commencé à m’appeler de toute la France », explique Eric Martin. Alors comment expliquer ce phénomène ? Pour lui, il y a plusieurs raisons :

Il y a l’abandon pur et simple où on prend le cheval pour un meuble. On le laisse croupir dans un pré sans même de l’eau. Vous avez le monde des courses qui ne veut plus de certains chevaux car ils ne sont pas assez performants. Vous avez aussi les centres équestres qui ne savent pas quoi faire des chevaux à la retraite et puis vous tous ceux qui sont blessés ou malades dont personne ne veut.

Une petite équipe de bénévoles

Voilà le profil des animaux pris en charge par les sept bénévoles de l’association sur les communes d’Izon et de Génissac en Gironde. Yolande a rejoint l’équipe il y a quelques mois : « Parfois, on a retrouvé des chevaux dans un état épouvantable. Je m’occupe de les nourrir et de faire les pansements la plupart du temps. On s’organise pour y aller à tour de rôle. Moi, j’y vais deux fois par semaine pendant près de trois heures. »

Exemple d'un cheval soigné par l'association.
Exemple d'un cheval soigné par l'association. - Ne crin plus rien

S’occuper de tous ces animaux, c’est bien sûr du temps, mais surtout de l’argent. « La moindre chose coûte de l’argent » explique cette ancienne cavalière alors qu’Eric Martin rappelle que « tout est à la charge de l’association ». Par exemple, un cheval coûte autour de 1.100 en nourriture par an selon ses calculs. Et même quand il leur retrouve une famille d’accueil, elle ne prend en charge que l’alimentation, et non les frais vétérinaires.

Besoin d’aide à tous les étages

Pour l’instant, la structure tient le coup grâce notamment à son fondateur qui finance 70 % du budget (8.000 euros en 2019) et aux dons. Mais ça ne pourra pas durer éternellement. C’est pour cette raison que ce Girondin lance un appel à l’aide aujourd’hui : « On a besoin de tout. D’argent bien sûr car je pense qu’il nous faudrait un budget annuel de 30.000 euros à peu près mais on recherche aussi des nouveaux bénévoles ou de nouvelles structures pour accueillir tous ces chevaux. »

En ce début d’année, l’association a lancé un crowdfunding en ligne pour tenter de récolter des fonds. En l’espace de quelques jours, « Ne crin plus rien » a obtenu 1.280 euros. Pour sensibiliser la population, les bénévoles communiquent également sur les réseaux sociaux notamment à travers une page Facebook. Et comme ils ont de la bonne volonté à revendre, ils viennent aussi d’accueillir deux ânes et deux chèvres. Le troupeau s’agrandit et ce n’est pas forcément bon signe…