Belgique : Entre tortues et crocodiles, la multiplication des sauvetages de reptiles inquiète Pairi Daiza

ANIMAUX Le refuge de Pairi Daiza, en Belgique, a accueilli plus de 700 reptiles domestiques en 2019, soit plus du double de l’année précédente, et s’en inquiète

Gilles Durand

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Illustration d'une tortue dite de Floride.
Illustration d'une tortue dite de Floride. — Robert F. Bukaty/SIPA

Oiseaux ou reptiles, comme nouvel animal de compagnie, sont à la mode. Or, le phénomène entraîne aussi des abandons de ces animaux dits « exotiques ». Durant l’année 2019, ce sont plus de 700 tortues, serpents, lézards qui ont été recueillis au refuge du parc Pairi Daiza, près de Mons, en Belgique.

Soit deux fois plus que l’année précédente. « Au cours du mois de juillet, ce ne sont pas moins de 158 reptiles qui ont été accueillis, parfois saisi par la douane pour détention illégale », souligne la direction du parc, dans un communiqué.

Crocodiles à domicile

« L’an dernier, nous avons même récupéré des crocodiles détenus par un particulier dans une maison », souligne Mathieu Goedefroy, porte-parole de Pairi Daiza. Une tradition belge, semble-t-il, puisque en 2011, la police avait déjà découvert onze crocodiles du Nil et un alligator dans une villa.

Cependant, plus de 80 % des spécimens confiés au refuge sont des tortues à joues jaunes ou rouges, également appelées tortues de Floride. Interdite à la vente en France, l’espèce peut toujours s’acheter dans les animaleries belges.

« C’est un énorme problème car lorsqu’elles commencent à grandir, certaines personnes s’en débarrassent. Or, elles causent de grands torts à l’écosystème, note Mathieu Goedefroy. Nous ne pouvons qu’espérer qu’à l’avenir, moins d’animaux nous serons confiés. »

Capacités d’hébergement limitées

Pour les tortues, l’aide du zoo de Lille est désormais exclue. « Le parc zoologique a longtemps accueilli les tortues de Floride non voulues par leurs propriétaires. Cependant la capacité d’accueil a atteint sa valeur seuil pour assurer de bonnes conditions de vie. Nous sommes également dépendants de nos capacités d’hébergement limité pour l’accueil d’animaux saisis, issus de la faune sauvage exotiques », précise la mairie de Lille.

Contrairement à Pairi Daiza, le zoo lillois n’accueille pas, au sein de sa structure, une association refuge qui recueille les reptiles abandonnés. « Mais le zoo joue un rôle non négligeable, comme l’ensemble des parcs zoologiques, dans l’hébergement d’animaux abandonnés ou saisis », note la ville.

Le parc est ponctuellement sollicité par la Ligue protectrice des animaux (LPA) ou les pompiers pour accueillir des animaux trouvés. « Nous le faisons dès que nous sommes en capacité de le faire. Dernièrement, nous avons accueilli un Loriquet arc-en-ciel »,

En moyenne, le zoo de Lille accueille, par an, entre un et cinq animaux considérés comme nouveaux animaux de compagnie (NAC).