Emmanuel Macron échange pour la première fois avec les 150 Français de la Convention citoyenne sur le climat

ENVIRONNEMENT Tirés au sort, les 150 membres de la Convention citoyenne sur le climat doivent faire des propositions au gouvernement pour lutter contre le changement climatique

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron, le 7 janvier 2020 à l'Elysée.
Emmanuel Macron, le 7 janvier 2020 à l'Elysée. — ELIOT BLONDET-POOL/SIPA

C’est la première fois que la Convention citoyenne sur le climat (CCC) reçoit le chef de l’Etat. Emmanuel Macron doit venir échanger ce vendredi avec les 150 Français qui forment ce conseil citoyen, au sujet de leurs propositions pour lutter contre le changement climatique.

Ce rendez-vous se tient à la demande des membres de la CCC. Ils planchent depuis quatre mois sur les moyens de « réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici à 2030 par rapport à 1990 ». « C’est bien qu’Emmanuel Macron se déplace à mi-parcours de nos travaux. Ça va médiatiser la Convention et donner un nouveau souffle à ce que l’on fait », se félicite Pierre Fraimbault, aide-soignant de 49 ans et l’un des 150 citoyens tirés au sort.

La promesse du « sans filtre »

Attendu à 18h30 dans l’hémicycle du Cese (Conseil économique, social et environnemental), le président prononcera quelques mots d’introduction avant « de répondre à des questions et de dialoguer librement avec l’ensemble de la Convention », ont indiqué les organisateurs. « L’objectif est d’échanger », souligne l’entourage du président, « pas d’influencer les travaux de la Convention ».

Car il y va de la crédibilité de cet exercice inédit de démocratie participative en France, qu’Emmanuel Macron a lancé au printemps dernier en réponse au « grand débat national » né de la crise des « gilets jaunes » et du rejet de la hausse de la taxe carbone. Comme d’autres membres de la CCC, Pierre Fraimbault « attend du président qu’il rappelle bien les engagements qu’il a pris sur le fait que toutes nos propositions seraient accueillies sans filtre et qu’il ait le courage politique de valider ce qu’on proposera ».

Le 25 avril 2019, Emmanuel Macron avait en effet déclaré : « Ce qui sortira de cette Convention, je m’y engage, sera soumis sans filtre soit au vote du parlement, soit à référendum, soit à application réglementaire directe ». Ce système de « convention citoyenne » a été notamment utilisé plusieurs fois en Irlande, débouchant sur les référendums sur la légalisation de l’avortement ou le mariage pour tous.

Réunis à trois reprises

Depuis octobre, les membres de la CCC se sont réunis à trois reprises pour examiner, en auditionnant des experts, sur cinq thèmes : se déplacer, se loger, se nourrir, produire et travailler et consommer. Certains planchent aussi sur des questions transversales comme le financement ou l’opportunité d’une révision de la Constitution. D’ores et déjà, certains élus de la majorité expriment leurs craintes que certaines propositions de la Convention ne soient trop radicales ou coûteuses, et donc difficiles à faire accepter et à mettre en œuvre.

Le député Mathieu Orphelin (ex-LREM, proche de Nicolas Hulot) a salué cette semaine « l’ambition forte » des premières pistes de la Convention, notamment sur la lutte contre l’artificialisation des sols ou le renforcement de la rénovation énergétique. « Les citoyens l’ont mieux compris que bien des politiques : il faut faire beaucoup plus ! », a-t-il souligné. La session de ce week-end doit être consacrée à examiner les premières propositions avec l’objectif de les finaliser pour le début du mois d’avril.