Rennes: L’audience de Lactalis pour la pollution de la Seiche sera renvoyée

JUSTICE L’industriel doit être jugé pour le préjudice écologique après un rejet de lactose dans une rivière en 2017 qui avait tué des tonnes de poissons

Camille Allain

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La rivière la Seiche, ici à Janzé (Ille-et-Vilaine), le 20 septembre 2017, soit un mois après la pollution de Lactalis.
La rivière la Seiche, ici à Janzé (Ille-et-Vilaine), le 20 septembre 2017, soit un mois après la pollution de Lactalis. — C. Allain / 20 Minutes

L’évaluation du préjudice écologique attendra. L’audience du groupe Lactalis pour la pollution de la Seiche prévue ce vendredi va être renvoyée, à la demande de plusieurs avocats. Engagés contre le projet de réforme des retraites, les barreaux de Rennes et Vannes ont voté le renvoi de toutes les affaires cette semaine. Le procès du géant laitier ne fera pas exception.

Lactalis avait déjà été condamné à 250.000 euros d’amende et 70.000 d’indemnités en juin pour avoir pollué la Seiche en raison d’un rejet de lactose au sein de son usine de Retiers (Ille-et-Vilaine). Huit kilomètres de la rivière avaient été touchés et des tonnes de poissons avaient été asphyxiées. Le tribunal avait estimé que « la pollution de la Seiche était la conséquence directe de l’inaction de la société laitière ». L’enquête avait mis en cause les dysfonctionnements de la station d’épuration. « Les responsables et employés avaient été informés des deux incidents techniques ayant entraîné des rejets de matières organiques venant de la station d’épuration », avait estimé le tribunal.

Une procédure judiciaire inédite

Ce vendredi, c’est sur le préjudice écologique que l’empire laitier d’Emmanuel Besnier devait être jugé. Profitant d’une loi promulguée en 2016​ mais jamais utilisée jusqu’ici, les associations avaient obtenu de Lactalis qu’il mène des actions de compensation écologique pour réparer le milieu aquatique endommagé.

L’audience devait permettre d’évaluer le travail mené en concertation avec la préfecture et d’évaluer si un complément financier pouvait être réclamé. « Même sans le mouvement de grève, je pense que l’audience aurait été renvoyée », estime Me Thomas Dubreuil, qui défend la fédération de pêche d’Ille-et-Vilaine. « On n’a reçu aucun élément de Lactalis sur le chiffrement du préjudice. C’est dans leur intérêt de faire traîner la procédure », ajoute le conseil du barreau de Vannes. La date de la nouvelle audience sera connue vendredi.