L’archipel des Palaos interdit certaines crèmes solaires pour protéger ses coraux

ÉCOLOGIE Les produits chimiques contenus dans les crèmes solaires menacent de manière irrémédiable les coraux de l’archipel

20 Minutes avec agences

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Des touristes chinois apprécient l'eau turquoise de "Milky Way", célèbre lagon des Palaos dans les îles de Micronésie, le 6 mars 2015
Des touristes chinois apprécient l'eau turquoise de "Milky Way", célèbre lagon des Palaos dans les îles de Micronésie, le 6 mars 2015 — Sebastien Blanc AFP

Les Palaos, archipel situé dans le Pacifique, ont interdit ce mercredi les crèmes solaires sur ses îles. Ces produits parfois toxiques menacent les coraux et l’un des plus importants sanctuaires marins du monde. « Nous devons vivre et respecter l’environnement parce qu’il est le berceau de la vie », a expliqué le président des Palaos, Tommy Remengesau. « Sans lui, personne à Palau ne pourra survivre. »

L’archipel, situé à peu près entre l’Australie et le Japon, est réputé pour sa vie marine et ses zones de plongée. Mais le gouvernement est préoccupé par l’impact que le tourisme peut avoir sur l’environnement. Selon des études scientifiques, les composants chimiques de la plupart des crèmes solaires sont toxiques pour les coraux, même à petite dose. La forte concentration de touristes, et donc de crème solaire, pourrait endommager ces coraux pour de bon.

Limiter la pêche commerciale

Toute crème solaire contenant certains produits toxiques est donc désormais interdite à l’importation et à la vente, sous peine de confiscation et d’une amende de 1.000 dollars. « Cela nous est égal d’être le premier pays à interdire ces produits chimiques », a indiqué le président. « Avec une meilleure éducation et prise de conscience, d’autres gouvernements auront suffisamment confiance pour prendre les mesures nécessaires. »

L’archipel a aussi élargi la zone de protection de son sanctuaire marin, fermant 80 % de sa zone économique exclusive à toute activité maritime ou de pêche. Cela équivaut à interdire la pêche commerciale sur environ 500.000 km² d'océan, selon le président. Les flottes de pêche étrangères devront aussi payer une taxe d’exportation, afin de protéger les pêcheurs locaux. Il faut laisser l’océan « panser ses plaies », a justifié Tommy Remengesau.