Pesticides : L’épandage interdit à moins de 10 m des logements et écoles à partir de 2020

LÉGISLATION La distance minimale d’épandage sera de cinq à dix mètres en fonction de la dangerosité des produits, bien loin des 100 ou 150 m voulus par certains élus

20 Minutes avec agence
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Illustration d'un épandage de pesticides.
Illustration d'un épandage de pesticides. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le gouvernement a tranché. A compter du 1er janvier 2020, l’utilisation de pesticides sera interdite à moins de 10 m des habitations et des établissements scolaires, révèle BFMTV ce vendredi. Une mesure jugée insuffisante par les écologistes, mais qui provoque la colère des agriculteurs.

Au premier janvier, ces derniers vont en effet devoir respecter des zones de non-traitement des sols de « dix mètres » ou de « cinq mètres », en fonction de la dangerosité des produits utilisés. Cette distance de 10 m sera considérée comme « incompressible » pour les « substances les plus préoccupantes ».

Application immédiate pour les substances « préoccupantes »

Pour tous les autres produits, la distance légale sera de dix mètres pour les cultures hautes : arboriculture, viticulture, arbres et arbustes, forêt, petits fruits et cultures ornementales de plus de 50 centimètres de hauteur. En revanche, elle sera réduite à cinq mètres pour les autres cultures.

Ces distances pourront être réduites par le biais des chartes départementales : jusqu’à 5 m pour l’arboriculture, 3 m pour les autres. Pour les cultures ensemencées avant le 1er janvier, les distances s’appliqueront à partir du 1er juillet 2020, sauf pour les substances « les plus préoccupantes ».

Des mesures trop timides, selon les écologistes

Au final, les distances minimales d’épandage retenues par l’exécutif sont largement inférieures aux 100 ou 150 m réclamés par certains maires. Pour les associations écologistes, le gouvernement d’Edouard Philippe n’est pas allé assez loin dans l’application du principe de précaution.

« Les pulvérisations de pesticides vont largement au-delà des dix mètres », dénonce François Veillerette, directeur de Générations Futures. « Des zones pulvérisées, cela va même au-delà des 100 m. » L’association écolo n’exclut pas d’attaquer en justice le texte officiel qui encadrera ces dispositions.