Strasbourg : La métropole vante son plan climat 2030, le financement reste « flou » pour Greenpeace

ENVIRONNEMENT L'Eurométropole s'est engagée à réduire les gaz à effet de serre en 2030 mais a-t-elle les moyens de ses ambitions?

Nils Wilcke

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L'avenue du Port du Rhin, polluée par les poids lourds, est régulièrement pointée du doigt par les associations de défense de l'environnement.
L'avenue du Port du Rhin, polluée par les poids lourds, est régulièrement pointée du doigt par les associations de défense de l'environnement. — G.Varela/20 Minutes
  • Après une première tentative en 2009, un nouveau plan climat pour Strasbourg a été fixé pour 2030.
  • L'ancienne maire de Strasbourg, Catherine Trautmann, qui a repris la main sur le dossier, a fait quelques annonces fortes:  sortie du diesel sur l’ensemble de l’eurométropole, réduction de 40 % des gaz à effet de serre, limitation à 30 % de la part de la voiture dans les déplacements…
  • Pour Greenpeace, le compte n'y est toujours pas. L'ONG exige un chiffrage précis et le financement des mesures. 

Strasbourg va-t-elle enfin arriver à mettre en œuvre son plan climat ? Après une première tentative en 2009, un nouveau plan a été fixé pour 2030. Le précédent, qui avait permis de faire baisser la consommation d' énergie entre 2005 et 2014, n’avait pas pu endiguer une reprise à la hausse dès l’année suivante.

« L’ancien plan n’a pas réussi à créer une rupture et une accélération dans l’évolution des politiques publiques », a de fait reconnu Catherine Trautmann mardi lors de la présentation du projet.

Mettre le paquet sur les mobilités douces

L’ancienne maire de Strasbourg, qui a repris la main sur le dossier, a fait quelques annonces fortes :  sortie du diesel sur l’ensemble de l’eurométropole, réduction de 40 % des gaz à effet de serre, limitation à 30 % de la part de la voiture dans les déplacements… Ce nouveau plan climat « doit déboucher sur un plan d’action », affirme-t-elle.

Quatre axes majeurs sont présentés. Le premier porte sur la qualité de l’air, « première préoccupation des Strasbourgeois et des habitants des villes en général », selon l’ancienne maire de Strasbourg. Pour faire baisser la pollution atmosphérique, le plan veut mettre le paquet sur les mobilités douces. Avec pour objectif d’atteindre les 16 % de part modale du vélo dans les déplacements d’ici 2030. Mais aussi 37 % pour la marche à pied et 17 % pour les transports en commun. Le plan prévoit également la mise en place d’une zone à faibles émissions (ZFE) sur l’Eurométropole, dans les cartons depuis plusieurs années. Avec une sortie progressive du diesel pour 33 communes dès 2030 et dès 2025 pour Strasbourg.

« Tout reste très flou, c’est assez inquiétant »

Pour Greenpeace, le compte n’y est toujours pas. « On ne veut pas que ce plan échoue comme le précédent, soutient Lucille Auger, référente de l’ONG à Strasbourg. Sauf que les objectifs ont été revus à la hausse sans que les financements soient assurés. Tout reste très flou, c’est assez inquiétant », soutient la militante, malgré la création d'une agence locale de l'énergie et du climat (voir encadré plus bas). Pour elle, l'eurométropole continue d’accorder trop d’importance à la voiture alors qu’il « faut au contraire développer des alternatives ».

Outre la qualité de l’air, le plan climat 2030 entend poursuivre la transition énergétique. Pour y parvenir, l’eurométropole veut soutenir l’implantation de bâtiments à énergie positive et encourager la réhabilitation thermique des logements existants. A terme, ce sont 6 à 8.000 logements qui devraient être réhabilités aux normes BBC chaque année.

Sur le papier, l’eurométropole affiche sa volonté de promouvoir les énergies renouvelables en faisant la part belle au solaire thermique, au photovoltaïque, à la biomasse, mais aussi à la géothermie profonde. A condition que les analyses en cours concernant les récents séismes ressentis non loin du site de Vendenheim ne viennent retarder son essor en Alsace.

Les deux derniers axes concernent le développement de l’économie circulaire, une meilleure valorisation des déchets et la mobilisation des acteurs locaux autour de ce plan. « Chacun peut s’emparer de ce projet, indique Catherine Trautmann. C’est un bien collectif. Il doit engager les équipes qui suivront », prévient l’ancienne maire de Strasbourg. Le plan climat devrait s’inviter dans la campagne des municipales.

Une agence locale de l’énergie et du climat pour Strasbourg 

Pour mettre en oeuvre le plan climat 2030, une agence locale de l’énergie et du climat  (ALEC) va voir le jour à Strasbourg dès 2020. Dotée d'un budget de 250.000 euros
pour son lancement, l’ALEC animera la chaîne d’information, de sensibilisation, d’expertise auprès du grand public comme des professionnels et des communes de l’Eurométropole pour tout ce qui a trait à la maîtrise énergétique et à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, annonce l'eurométropole.