Pas-de-Calais : L’érosion du littoral fait sombrer un blockhaus et menace 12.000 habitants

ENVIRONNEMENT La chute d’un blockhaus réveille les risques de submersion et d’inondation, à cause de l’érosion du littoral dans le Pas-de-Calais

Gilles Durand

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Le blockhaus de la seconde Guerre mondiale était réapparu autour du 20 novembre 2019, sur le bais d'Authie, au lieu-dit «bec du perroquet».
Le blockhaus de la seconde Guerre mondiale était réapparu autour du 20 novembre 2019, sur le bais d'Authie, au lieu-dit «bec du perroquet». — SOS Baie d'Authie
  • La forte houle du week-end a fait sombrer un blockhaus accroché à une dune, près de Berck-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais.
  • L’érosion du littoral dans ce secteur provoque des risques sérieux de submersion pour 12.000 habitants.
  • Après dix ans d’alerte de l’association SOS Baie d’Authie, des travaux de rechargement de sable viennent de commencer.

Des vagues qui font sombrer un blockhaus. Cette anecdote spectaculaire montre combien la baie d’Authie, dans le Pas-de-Calais, est sensible au phénomène d’érosion.

Ce blockhaus de la Seconde Guerre mondiale était apparu autour du 20 novembre. En moins d’un mois, il a été totalement arraché de la dune et, avec la forte houle de ce week-end sur le littoral, la forteresse a disparu dans les flots.

Dix ans d'alerte

Mais au delà de cet événement, ce qui inquiète les riverains, c'est, à terme, un fort risque de submersion et d'inondation pour les 12.000 personnes qui habitent sur le polder – une zone située sous le niveau de la mer –, notamment à Berck-sur-Mer et Groffliers. « Voilà près de dix ans que nous alertons les autorités sur l’érosion de cette baie qui est un phénomène très particulier, davantage lié aux mouvements du fleuve qu’à la montée du niveau de la mer », explique  à 20 Minutes, Daniel Moitel, président de l'association SOS Baie d'Authie.

La chute de ce blockhaus est donc un exemple de la vitesse de l’érosion dans ce secteur. « En trois ou quatre mois, on doit être à 120 m de recul du littoral », souligne Daniel Moitel. Mais ce n’est pas l’endroit le plus critique, selon le militant : « Le tampon dunaire est encore suffisamment important pour contenir les marées. Or, ce n’est plus le cas du secteur appelé "Bois de sapins" où il n’y a plus de dune. »

Recharger 350.000 m3 de sable

Des travaux d’urgence viennent d’ailleurs de démarrer pour reconstituer le cordon dunaire. « Il faut recharger 350.000 m3 de sable. Ça va prendre au moins huit mois car le chantier ne peut avancer qu’à marée basse ».

Par ailleurs, une digue en arrière des dunes doit également être construite en guise de double protection. Une enquête publique vient d’être lancée. « Si on avait pris des mesures plus tôt, on ne serait pas obligés d’en arriver à des travaux aussi importants », regrette Daniel Moitel.