Haute-Loire : Ils ont planté une forêt comestible pour anticiper le réchauffement climatique

VEGETATION Il s’agit d’un mix entre une forêt naturelle et un verger

Caroline Girardon

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Simon Tarabon, sa sœur et leurs conjoints ont planté une forêt comestible en Haute-Loire.
Simon Tarabon, sa sœur et leurs conjoints ont planté une forêt comestible en Haute-Loire. — LabMadeleine
  • Ayant hérité d’un terrain familial en Haute-Loire, Simon Tarabon et sa sœur ont décidé d’y créer une forêt comestible, « une jungle nourricière ».
  • Il s’agit de planter des grands arbres mais aussi des couvre-sol et des arbustes que l’on ne trouve pas forcément à moyenne altitude.
  • Les premiers fruits pourraient être récoltés dans trois ans.

Cette idée un peu folle leur est venue il y a trois ans. Ayant hérité d’un terrain familial d’un hectare à Retournac en Haute-Loire, Simon et sa sœur Chloé se sont mis rêver d’une… forêt comestible. Lui est docteur en écologie. Elle, architecte. Tous deux ont embarqué leurs conjoints respectifs dans l’aventure, se mettant à bûcher sérieusement pour « créer un projet expérimental », une « sorte d’épicerie naturelle » ou de « jungle nourricière ». Pour eux, il n’était pas question de laisser cet ancien champ de pommes de terre à l’abandon. « On s’est dit qu’on voulait en faire un lieu de ressources », explique Simon Tarabon.

Le projet de forêt comestible en Haute-Loire.
Le projet de forêt comestible en Haute-Loire. - LabMadeleine

Le concept : créer un mix entre la forêt et le verger. L’ensemble comprendra plusieurs étages de végétation : des arbres de haute tige, des arbustes et des couvre-sol, qui pourront fournir des fraises des bois ou des champignons. « On souhaitait aller plus loin que le verger, qui demande beaucoup d’entretien et qui nécessite de planter les arbres par allées et de les traiter au moins trois fois par an », poursuit le jeune homme. A la place, ils ont décidé de laisser faire la nature. Au pied des grands arbres qu’ils ont commencé à planter au début de l’année, seront ajoutés des arbustes fruitiers qui n’ont pas l’habitude de pousser à moyenne altitude (700 m).

Des citronniers épineux et des grenadiers

« On sait que dans les années à venir, les températures vont augmenter en moyenne de 2 °C en raison du réchauffement climatique, justifie-t-il. L’idée était de pouvoir planter des arbres, qu’on ne trouve pas aujourd’hui à cette altitude et dont les fruits doivent être importés actuellement. Ce qui, au final, laisse une empreinte carbone importante. » Comme des abricotiers, des pêchers, des citronniers épineux, des argousiers ou des grenadiers.

Le verger de la future forêt comestible.
Le verger de la future forêt comestible. - LabMadeleine

« Avant d’avoir une forêt dense dans laquelle on pourra se créer un chemin pour aller cueillir des fruits, il faudra attendre encore un peu, sourit Simon Tarabon. L’objectif en revanche, est de pouvoir récolter les premiers fruits ou petites baies d’ici deux à trois ans. » Sur la partie encore inoccupée du site, la petite famille envisage d’y implanter au printemps un rucher écologique. Ainsi qu’un hôtel à insectes.

« On ne sait pas encore si cette forêt sera un site de libre-service dans laquelle les consommateurs pourraient venir ramasser leurs fruits. C’est une réflexion que nous avons. Notre première volonté est de partager notre expérience et de donner envie aux autres de développer des projets comme celui-ci », conclut Simon Tarabon qui a décidé de faire appel au financement participatif pour aider le quatuor à mener son projet à terme.