La dépouille de l’ours Olaf « tronçonnée » ? Le zoo d’Amnéville répond

ANIMAUX Les méthodes du parc animalier d’Amnéville sont remises en cause, notamment pour la dépouille de l’ours polaire Olaf, mort de cause naturelle en juillet dernier. Dénoncé par certains, le zoo s’explique

G.V.

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Un ours polaire. Illustration.
Un ours polaire. Illustration. — Светлана
  • L’une des figures du zoo d’Amnéville (Moselle), l’ours polaire Olaf est mort à l’âge de 31 ans d’une cause naturelle en juillet 2018.
  • Selon une enquête de France Bleu Lorraine, l’animal aurait été conduit dans une banale déchetterie qui l’a refusé. De retour au zoo, la dépouille aurait alors été « tronçonnée ».
  • Le parc explique avoir conduit la dépouille à la déchetterie par erreur et dénonce certaines fausses accusations dont le zoo est la cible.

Tempête sur le parc animalier d’Amnéville en Moselle. Selon une enquête de France Bleu Lorraine, le zoo connaîtrait de nombreuses difficultés. De trésorerie, de salaires non déclarés, de fichage de salariés « blacklistés »… Des problèmes sanitaires aussi, comme des vidanges supposées d’eaux usées dans la nature et même d’animaux enfouis. Voire « tronçonné »… Ce qui aurait été le sort réservé à la dépouille d’une des figures du zoo, l’ours polaire Olaf, mort paisiblement pendant l’été 2018 au zoo. Ce dernier aurait alors décidé de se débarrasser de la carcasse au plus vite, à cause de la canicule.

L’ours a été, dans un premier temps, envoyé dans une banale déchetterie (ce qui est interdit) à Aboncourt avant d’être renvoyée fissa chez son expéditeur. Une information confirmée à France Bleu Lorraine par la communauté de communes de l’Arc Mosellan, propriétaire de l’ISDND à Aboncourt, et par la direction de l’entreprise qui gère la déchetterie ».

Une procédure conforme

Si lundi encore, il était difficile de savoir ce qu’était devenue ensuite la carcasse de l’animal, expliquaient nos confrères, ils précisent ce mardi, qu’après vérifications les autorités publiques ont retrouvé la trace de l’ours polaire. La carcasse de l’animal a bien terminé chez un équarrisseur. Ce qui est la procédure conforme à la réglementation et que des documents administratifs archivés avèrent.

Lors du décès d’un animal, confie le vétérinaire d’un autre zoo français sollicité par 20 Minutes, la procédure est normalement de pratiquer une autopsie du corps, voire d’analyser une partie d’un membre de l’animal. Pour les animaux « très rares », ils peuvent être conservés. Pour les autres, ils sont confiés à un équarrisseur agréé qui délivre en échange un document qui certifie le dépôt du cadavre, afin d’avoir une traçabilité des actes. Contactée également ce mardi par 20 Minutes sur de supposés problèmes sanitaires et environnementaux reprochés au zoo, l’Agence régionale de santé du Grand-Est nous explique que cela n'est pas de son ressort mais de celui «de la DDPP et / ou de la police de l’eau (DDT)», soulignant aussi que le site est «situé hors périmètres de protection de captages d’eau destinée à la consommation humaine exploité par des collectivités.» 

« Emporté par erreur »

En revanche, dans un communiqué de ce mardi, le service vétérinaire du zoo s’explique et dénonce des « accusations non fondées et non vérifiées » qui « blessent le service vétérinaire au service du parc depuis plus de vingt ans ». Le vétérinaire en chef du parc explique qu’à la mort naturelle de l’ours de 31 ans, le 25 juillet 2018, la canicule sévissait. « Le corps a été stocké dans une chambre froide destinée aux restes d’aliments osseux et carnés, en attendant l’équarrisseur, explique le communiqué. Le lendemain, le cadavre a été emporté par erreur par l’entreprise chargée d’évacuée ces déchets. » C’est alors que « l’entreprise s’est rendu compte de la méprise et le corps de l’animal a été immédiatement rapporté au parc zoologique. » Toujours selon le service vétérinaire du zoo, le corps de l’ours a « à nouveau été stocké en chambre froide. Il y est resté jusqu’au passage de la société d’équarrissage », quatre jours plus tard.

Egalement mis en cause dans le décès d’autres animaux, le zoo se défend via le communiqué : « Les causes de la mort ont été établies avec précision par les autopsies et n’avaient rien à voir avec les « erreurs » évoquées ».

Quoi qu’il en soit, la triste fin de l’ours polaire Olaf suscite l’émoi sur les réseaux sociaux et indigne les opposants au zoo. Une pétition en ligne demandant la fermeture du zoo atteint déjà en quelques jours près de 34.000 signatures.

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