Bretagne : Coulé en 1980, le « Tanio » continue bien de cracher son pétrole

POLLUTION Les traces d’hydrocarbure retrouvées sur des oiseaux morts proviennent bien de l’épave du pétrolier

Jérôme Gicquel

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Le "Tanio" a sombré le 7 mars 1980 au large des côtes Nord du Finistère.
Le "Tanio" a sombré le 7 mars 1980 au large des côtes Nord du Finistère. — AFP
  • Les traces d’hydrocarbure retrouvées sur des oiseaux morts dans le Finistère proviennent bien du pétrolier Tanio.
  • Le navire s’était brisé en deux le 7 mars 1980 au large des côtes du Finistère Nord.
  • Il transportait 28.600 tonnes de pétrole, dont environ 10.000 tonnes s’étaient déversées en mer.

Le mystère de la pollution maritime qui touche depuis plus de trois semaines plusieurs plages du Finistère Nord semble s’éclaircir. C’est bien le pétrolier Tanio, qui s’était brisé en deux le 7 mars 1980 au large des côtes, qui continue près de quarante ans après son naufrage d’empoisonner la Bretagne. Cette hypothèse avait été formulée fin novembre après la découverte d’une trentaine d’oiseaux morts. Sur certains des cadavres, des traces d’hydrocarbure avaient été retrouvées.

Après analyses, le Cedre (Centre de documentation de recherche et d’expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux) avait estimé qu’il existait « de grandes similarités entre l’hydrocarbure retrouvé sur les oiseaux et le fioul lourd transporté par le pétrolier Tanio ». Au moment de son naufrage, le navire transportait 28.600 tonnes de pétrole, dont environ 10.000 tonnes s’étaient déversées en mer, contaminant 200 kilomètres de littoral. Sa partie arrière avait été remorquée jusqu’au Havre mais sa partie avant avait coulé avec 10.000 tonnes de pétrole par environ 80 mètres de fond.

De « minimes fuites intermittentes d’hydrocarbure » observées

A la suite de ces analyses, la préfecture maritime de l’Atlantique a déployé des moyens pour tenter de relocaliser avec précision l’épave du pétrolier battant pavillon malgache. La mission a été accomplie par le chasseur de mines tripartite Pégase de la Marine nationale qui n’a alors repéré « aucune pollution maritime en surface ni à la verticale ni à proximité de l’épave ».

Mais d’autres investigations ont été menées mardi sur la coque du pétrolier qui gît par plus de 80 mètres de fond au nord de l’île de Batz. Elles ont cette fois permis « d’observer quelques minimes fuites intermittentes d’hydrocarbure », indique la préfecture maritime dans un communiqué.

Lors des opérations réalisées sur la coque du bateau après son naufrage en 1980, une quinzaine d’orifices avait été percée et équipée de vannes pour permettre de pomper une partie de sa cargaison. « Les fuites repérées proviennent de deux de ces orifices dont les vannes ont été arrachées », assure la préfecture, précisant que « la faisabilité d’une intervention ultérieure » était « à l’étude ».