Russie : Un ours polaire plein de peinture alerte les chercheurs

PRÉSERVATION L’animal qui arbore le mot T-34 sur son pelage est plus exposé et pourrait être gêné pour chasser

20 Minutes avec agences

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Un ours polaire. Illustration.
Un ours polaire. Illustration. — Светлана

Les images d’un ours polaire en liberté sur lequel est peint le mot T-34, qui correspond au nom d’un célèbre tank soviétique, ont alarmé des scientifiques russes. Ils craignent que la peinture dérange l’ours en chasse en gâchant son camouflage.

La vidéo de l’animal a été publiée lundi sur Facebook par Sergueï Kavry, un membre de l’organisation World Wildlife Fund (WWF) en Russie, avant d’être reprise par les médias locaux russes. Selon eux, des scientifiques auraient marqué l’ours alors qu’il s’aventurait à la recherche de nourriture près d’une localité habitée dans l' Arctique.

L’animal est plus exposé

Dans sa publication, Sergueï Kavry dit pourtant craindre que les énormes signes peints sur le flanc de l’animal l’empêchent de chasser et le condamnent à mourir de faim. « Il ne sera plus capable de chasser discrètement », a-t-il écrit.

Chercheur à l’Institut des problèmes biologiques du Grand Nord, Anatoli Kotchnev a déclaré à l’agence de presse Ria Novosti que l’hypothèse d’une œuvre de « blagueurs » était privilégiée. « Au début, jusqu’à ce qu’il se lave, ça va être compliqué pour lui de chasser », a-t-il ajouté.

Victimes du réchauffement climatique

Selon le média local Severpress, basé dans l’Arctique, le signe a été peint par une expédition scientifique en Nouvelle-Zemble, un archipel quasi inhabité de la mer de Barents dans le Grand nord russe. Le média cite Ilia Mordvintsev, un scientifique qui assure que des membres d’une expédition avaient endormi l’ours, qui fouillait une décharge. Ils l’ont marqué puis l’ont transporté à bonne distance du site, pour voir s’il reviendrait. Et selon cet expert, le signe T-34 correspondrait simplement à la localisation géographique de l’endroit où l’ours a été capturé.

Les ours polaires sont victimes du réchauffement global, et la fonte des glaces dans l’Arctique les force à passer plus de temps à la recherche de nourriture. En février, les autorités russes avaient instauré l’état d’urgence en Nouvelle-Zemble à cause de l’afflux de dizaines d’ours polaires agressifs, à la recherche de nourriture.