Tarn : Un couple pense que des éoliennes l’ont rendu malade, il demande 350.000 euros de dédommagement

VENT DE FRONDE Un couple de Belges installé dans le Tarn estime que sa santé s’est dégradée au voisinage d’un parc éolien. Il a dû déménager et réclame 350.000 euros d’indemnisation en justice

20 Minutes avec AFP

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Un parc éolien. Illustration.
Un parc éolien. Illustration. — Franck Lodi - Sipa
  • Des Belges installés dans le Tarn se disent victimes d’un « syndrome éolien ».
  • Leur santé s’est dégradée au voisinage d’un parc d’éoliennes, au point qu’ils ont dû déménager.
  • Ils demandent 350.000 euros de dédommagement à la société exploitante.

Les éoliennes implantées à proximité de la maison acquise par des Belges dans la campagne tarnaise ont-elles nui gravement à leur santé ? C’est en tout cas aux pâles géantes qu’ils attribuent les maux de tête, sentiments d’oppression et même un évanouissement. Au point qu’ils attaquaient l’exploitant du parc ce vendredi lors d’une audience civile devant le tribunal de Castres. Au cours des débats, leur avocate, la Toulousaine Alice Terrasse, a demandé la reconnaissance d’un « trouble anormal du voisinage » et demandé quelque 350.000 euros de dédommagement à la société 3D Energies.

Les époux Fockaert se sont installés en 2004 à Fontrieu, dans le Parc régional du Haut-Languedoc. Six éoliennes ont été installées peu après, sans qu’ils le contestent, dont un à 700 mètres de leur maison, ce qui est conforme à la distance réglementaire.

Ils affirment que leur état de santé s’est dégradé à partir de 2013 puis qu’ils ont retrouvé progressivement leur santé après avoir déménagé en 2015 sur les conseils de leur médecin.

Un trouble pas encore reconnu

Selon Alice Terrasse qui s’appuie sur deux expertises – l’une médicale, l’autre de sonométrie soulignant la présence d’infrasons – le couple pourrait être victime d’un « syndrome éolien », ce trouble n’étant pour l’heure pas reconnu par la réglementation. Mais l’avocate estime justement que cette affaire pourrait constituer « un premier pas » vers cette reconnaissance.

Pour la société 3D Energies, Me Alexandre Bruguière s’appuie, lui, sur les rapports de l’Académie de médecine et de l’Agence nationale de l’environnement. « Ils disent qu’en l’état des investigations scientifiques et techniques, il ne peut pas être établi de lien entre les infrasons et les troubles invoqués par les requérants (…) », souligne-t-il.

Le tribunal de Castres dira le 16 janvier 2020 de quel côté le vent tourne.