Bretagne : Coulé en 1980, le « Tanio » continue-t-il de polluer ?

ENVIRONNEMENT Des traces d’hydrocarbure retrouvées sur des oiseaux morts pourraient provenir de l’épave du pétrolier

Jérôme Gicquel

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Le "Tanio" a sombré le 7 mars 1980 au large des côtes Nord du Finistère.
Le "Tanio" a sombré le 7 mars 1980 au large des côtes Nord du Finistère. — AFP

Près de 40 ans après son naufrage au large de l’île de Batz, le pétrolier Tanio continue-t-il d’empoisonner la Bretagne ? C’est l’hypothèse formulée par le Cedre (Centre de documentation de recherche et d’expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux) après la découverte la semaine dernière d’une trentaine d’oiseaux morts sur plusieurs plages du Finistère-nord.

Sur certains des cadavres, des traces d’hydrocarbure ont été retrouvées. Et il apparaît après les premières analyses réalisées à partir d’échantillons prélevés sur les oiseaux qu’il existe « de grandes similarités entre l’hydrocarbure retrouvé sur les oiseaux et le fioul lourd transporté par le pétrolier Tanio », indique la préfecture maritime de l’Atlantique dans un communiqué.

Dix mille tonnes de pétrole déversées en mer

Le pétrolier battant pavillon malgache s’était brisé en deux le 7 mars 1980 au large des côtes Nord du Finistère. Il transportait 28.600 tonnes de pétrole, dont environ 10.000 tonnes s’étaient déversées en mer, contaminant 200 kilomètres de littoral. Sa partie arrière avait été remorquée jusqu’au Havre mais sa partie avant avait coulé avec 10.000 tonnes de pétrole par environ 80 mètres de fond. Huit hommes d’équipages ont péri dans ce naufrage.

A la suite de ces analyses, des moyens ont été déployés entre le 21 et 22 novembre pour tenter de relocaliser avec précision l’épave du Tanio. Une mission accomplie par le chasseur de mines tripartite Pégase de la Marine Nationale qui n’a repéré « aucune pollution maritime en surface ni à la verticale ni à proximité de l’épave », indique la préfecture.

« Des investigations complémentaires seront réalisées, en fonction des conditions météorologiques, afin de dresser un état des lieux de la coque du Tanio et de rechercher de potentielles fuites d’hydrocarbure », précise-t-elle.