Bretagne : Les oiseaux marins disparaîtront-ils un jour des côtes ?

NATURE Les deux tiers des 17 espèces d’oiseaux marins qui nichent en Bretagne sont menacés de disparition

Jérôme Gicquel

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Un macareux moine.
Un macareux moine. — Patrick Frilet/SIPA
  • Un rapport sur l’état des lieux de la biodiversité en Bretagne vient de paraître.
  • Le document mentionne que plus d’un cinquième des espèces animales et végétales sont menacées de disparition à court terme dans la région.
  • La situation est encore plus préoccupante pour les oiseaux marins comme les macareux moine ou les fous de Bassan, animaux emblématiques de la Bretagne.

L’érosion de la biodiversité se poursuit inexorablement partout sur la planète. La Bretagne n’échappe pas à ce terrible constat avec 21,2 % de ses espèces animales et végétales qui sont menacées de disparition à court terme (dans les dix ans qui viennent) selon les chiffres dévoilés par l’Observatoire régional de l’environnement.

Parmi ces 333 espèces dont les populations régressent, on retrouve pêle-mêle le lérot, un petit rongeur, la sarcelle d’hiver ou d’été, le grand rhinolophe (chauve-souris) ou la vipère péliade. La situation est encore plus préoccupante pour les oiseaux marins nichant en Bretagne dont 65 % des 17 espèces sont menacées. Cela concerne notamment les fous de Bassan et les macareux moine, deux animaux emblématiques de la région. Idem avec les goélands, si photographiés par les touristes, dont « les effectifs nicheurs ont baissé de 40 % », selon François Siorat, chef de projet de l’observatoire.

Réchauffement climatique et pression humaine sur le littoral

Plusieurs raisons expliquent cette désertion progressive des oiseaux marins des côtes bretonnes. Il y a tout d’abord l’impact des changements climatiques. « Les eaux de l’Atlantique nord se réchauffent et les oiseaux marins éprouvent de plus en plus de difficultés à trouver de la nourriture », indique l’expert. La pression humaine se fait également de plus en plus forte sur tout le littoral, perturbant l’habitat naturel de ces espèces.

Sans compter « les captures accidentelles par les engins de pêche ou encore les pollutions » qui sont également « d’autres sources de pression », précise l’observatoire. « La biodiversité, ce n’est pas que les grands singes dans le monde, c’est aussi les oiseaux et les insectes », indique Thierry Burlot, vice-président chargé de l’environnement à la région qui sera nommé le 1er janvier à la tête de l’Office français de la biodiversité.

Dans le nouveau schéma régional de développement du territoire qui doit être présenté jeudi à Brest, l’élu assure d’ailleurs qu’il sera bien question de biodiversité afin que la Bretagne conserve « sa trame verte et bleue ». Des paroles que les associations naturalistes aimeraient bien voir très rapidement se transformer en actes.