Nord : En un an, un kayakiste souhaite nettoyer les dix plus belles rivières du monde

ENVIRONNEMENT Ce quinquagénaire espère ainsi sensibiliser sur la question des plastiques jetés dans les cours d’eau

Mikaël Libert

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Une opération de ramassage des déchets dans la Lys.
Une opération de ramassage des déchets dans la Lys. — Along clean rivers
  • Régulièrement le club de kayak d’Armentières repêche les déchets dans la Lys.
  • Un des membres du club a eu l’idée de faire la même chose sur les 10 plus belles rivières du monde.
  • Sa première expédition aura lieu en janvier 2020 sur la rivière Futaleufu, au Chili.

Cry me a river, de plastique. Yann Joseph, un habitant d’Armentières, près de Lille, voue une passion au kayak et une haine pour les déchets. Surtout quand ils sont balancés dans les rivières. En créant l’association « Along clean river », il a décidé d’allier l’agréable à l’utile en organisant des opérations de nettoyage des dix plus belles rivières du monde.

Les mauvaises langues pourraient penser que Yann, cadre bancaire de 51 ans, a juste dans l’idée de se faire un kiff sur le dos de l’écologie. C’est vrai que la perspective de se faire, en un an, les dix plus belles rivières du monde en kayak est plutôt alléchante. Sauf qu’il part de plus loin que ça. « Avec mon club de canoë-kayak, nous organisons souvent des opérations de nettoyage de la Lys. La dernière a eu lieu en mars dernier et nous avons sorti de l’eau entre 7 et 8 m3 de déchets », explique-t-il.

Une initiative locale qui a déjà 20 ans

Et son club, le CCKA, à Armentières, a pris cette initiative il y a 20 ans déjà. D’ailleurs, c’est un peu grâce à cela que Yann a eu l’idée de faire ça un peu partout dans le monde. « C’est un reportage de National Geographic qui a provoqué le déclic, il y a quatre ans. Avec le soutien de mes filles, je me suis lancé dans le projet d’aller ramasser le plastique dans les dix plus belles rivières du monde avant qu’il n’arrive dans les océans », poursuit-il.

Depuis, il a épargné ses treizièmes mois et pris une année sabbatique à compter de janvier 2020. Première étape de son périple, la rivière Futaleufu, au Chili. Il passera ensuite, notamment, par l’Australie, l’Ouganda, le Népal ou le Pérou. « En fait, ce sont des rivières assez peu fréquentées et donc peu ou pas polluées. Mais avec les participants, nous allons organiser des actions contre les déchets autour de ces rivières », reconnaît Yann Joseph.

« Le côté aventure est là pour éveiller l’intérêt »

Pour ce passionné de kayak, qui a déjà banni le plastique à usage unique de sa vie, l’aventure est un point d’accroche. « Si Usain Bolt vous recommande de faire attention à votre alimentation, vous l’écoutez. Le côté aventure est aussi là pour éveiller l’intérêt des personnes que l’on veut sensibiliser », assure Yann.

De son tour du monde des rivières, il ne compte pas en tirer qu’un album photo à montrer à ses amis. « A chaque fin d’expédition, nous allons monter un petit film. Et il y en aura un plus long à la fin de l’aventure, assure-t-il. L’idée est de partager cela le plus largement possible pour parler du problème des plastiques, comme on le fait déjà dans des écoles ». Et pour ceux qui n’ont pas forcément envie d’aller se mouiller au bout du monde, il y aura une nouvelle opération de nettoyage de la Lys en mars 2020. « Je suis sûr que, là encore, il y aura du boulot », déplore Yann.