Marseille : Un collectif citoyen se lance avec trois projets de production photovoltaïque sur les toits

ENERGIE RENOUVELABLE Après un an de mobilisation, le collectif a créé Massilia Sun System pour mettre sur orbite des électrons verts financés par des citoyens

Caroline Delabroy

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Le collectif citoyen Massilia Sun System compte bien convertir Marseille au photovoltaïque.
Le collectif citoyen Massilia Sun System compte bien convertir Marseille au photovoltaïque. — Massillia Sun System
  • Un collectif de citoyens travaille depuis un an pour développer le photovoltaïque à Marseille et vient de créer une société, ouverte à tous.
  • Trois premiers sites ont été identifiés sur le toit d’un parking, d’une résidence d’artiste et d’un immeuble de particulier.
  • Si le calendrier suit son cours, les travaux pourraient commencer à l’été 2020.

Ils sont « prêts à recouvrir Marseille de panneaux photovoltaïques », et ce cri de ralliement n’a rien d’une boutade. Après un an de rencontres, un collectif citoyen vient de passer à la vitesse supérieure et de créer Massilia Sun System, une société par actions simplifiée ouverte à tous. Trois projets concrets de centrales solaires sont d’ores et déjà sur la rampe de lancement et pourraient voir le jour courant 2020. « C’est une aventure passionnante », se réjouit Adrien Jouanno, passionné d’énergie renouvelable et bénévole de la première heure. « A Marseille, on est à la traîne alors que c’est la ville la plus ensoleillée de France, lance-t-il. Il n’y a pas de raison qu’on n’y arrive pas, ça rassure de voir que d’autres le font. »

C’est aussi en regardant ce qui se faisait ailleurs, et notamment en Suède ou au Danemark, que Marie-Laure Lambert s’est dit un jour : « C’est ça, c’est la bonne idée ! En France, on est sur un modèle très centralisé et j’ai toujours regretté que les simples citoyens soient exclus des choix énergétiques ». « Mais je n’avais pas l’esprit d’entreprendre », poursuit cette enseignante-chercheuse en droit à l’environnement, aujourd’hui présidente de Massilia Sun System. « Dans mon domaine, j’enseigne tout le temps des choses qui ne vont pas bien, on finit par se sentir impuissant. Cela fait un bien fou, ce collectif qui va produire de l’énergie renouvelable. »

Un potentiel d'une centaine de sites sur la métropole

Les dés juridiques ayant été lancés, avec la constitution d’un capital de départ de 5.200 euros, il faut à présent aller chercher les financements. A savoir 200.000 euros pour les trois premières installations : l’une, de 280 m² sera installée à l’Estaque sur le toit de la résidence d’artistes La Déviation, l’autre de 700 m² sur l’ombrière du parking de l’association IRSAM, et une troisième de 70 m² sur le toit d’un particulier.

Au total, ce sont 145 kWc d’électrons verts qui pourraient ainsi partir dans le réseau. Pour obtenir un prêt bancaire, ce type de projet citoyen doit en général réunir 20 % de la somme en fonds propre, sans compter les subventions. Sur tous ces volets, Massilia Sun System bénéficie de l’accompagnement opérationnel d’Enercoop Paca.

Car derrière ce projet citoyen, on retrouve la patte militante du fournisseur 100 % énergies renouvelables. En 2018, l’association Les Amis d’Enercoop Paca a en effet réalisé pour la métropole Aix-Marseille-Provence une mission sur les conditions de développement de telles initiatives sur le territoire. « Elle a permis de recenser une centaine de sites présentant un potentiel intéressant et pouvant être développés par des groupes citoyens », détaille Sophie Picard, chargée de projets de production chez Enercoop Paca.

Ouvert à toute participation citoyenne

Les qualités pour être éligibles au photovoltaïque ? « Il faut que l’horizon soit dégagé, que la charpente soit en bon état et l’orientation au maximum au sud, voire est-ouest, explique-t-elle. Et il faut surtout l’accord des propriétaires du bâtiment, qui s’engagent sur un bail de mise à disposition de 20 ans. »

Dans la foulée de cette mission, un collectif citoyen est né à Marseille, mais aussi à La Ciotat, Venelles et Velaux, chacun bénéficiant de l’accompagnement d’Energie Partagée dans la structuration de son organisation. Si le calendrier suit son cours, les travaux pourraient être engagés sur les toits marseillais à l’été 2020. D’ici là, le collectif reste ouvert à toute participation citoyenne, que vous ayez un toit à proposer, du temps à consacrer ou de l’épargne : chacun peut en effet prendre une part de 50 euros (et plus) dans la société.

« C’est de l’investissement, avec en théorie un rendement de l’ordre de 4 % bien meilleur qu’un Livret A ou un plan d’épargne classique », souligne Adrien Jouanno. En rappelant qu’une partie des bénéfices servira à financer de nouveaux projets photovoltaïques sur Marseille. « On ne va pas s’arrêter là », sourit-il.