Baleines : Les collisions avec des bateaux tuent encore trop de cétacés, notamment en Méditerranée

MÉDITERRANÉE Selon l’association Souffleurs d’écume, ces collisions sont responsables de 30 % des morts non naturelles de cétacés

20 Minutes avec agences

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Une baleine est entrée en collision avec un cargo le 2 juin et est arrivée dans le port de Marseille.
Une baleine est entrée en collision avec un cargo le 2 juin et est arrivée dans le port de Marseille. — BORIS HORVAT/AFP

Les collisions entre les bateaux et les baleines provoquent la mort de nombreux cétacés. Pour éviter cela, un logiciel permet aux marins de signaler la présence des animaux marins aux autres navires. Mais en France, seuls 39 bateaux sur 80 possèdent et utilisent cet outil, alors que la loi l’impose sur toutes les embarcations, indique l’association Souffleurs d’écume.

« Les collisions avec des bateaux sont responsables de plus de 30 % des morts non naturelles de cétacés », a expliqué ce jeudi Marion Leclerc, de l’association scientifique pour la conservation des cétacés. Depuis deux ans, une loi impose aux bateaux français de plus de 24 m de long circulant régulièrement dans les zones Pélagos – un « sanctuaire » marin du nord de la Méditerranée – de s’équiper du logiciel de partage de position des cétacés.

« C’est assez frustrant que ça ne s’applique qu’aux navires français », a indiqué Marion Leclerc. « Pour les petites compagnies qui effectuent uniquement des traversées vers les îles par exemple, il y a encore une tolérance car ça représente un coût. » Le seul logiciel​ commercialisé aujourd’hui, Repcet, coûte entre 280 et 380 euros par mois et par navire à la location.

Un système « très simple » mais peu pratique la nuit

La compagnie étrangère Corsica Ferries a équipé quatre de ses 13 bateaux de ce dispositif. Selon le commandant Gabriele Campoccio, le système est « très simple » à utiliser. « Il suffit d’indiquer la position du cétacé sur l’écran tactile, de renseigner s’il s’agit d’une baleine à bosse, d’un rorqual ou d’un cachalot, et une 'zone de risque' est aussitôt créée », explique-t-il.

Le logiciel présente tout de même un bémol important. « La nuit, on ne voit pas les cétacés, sauf certaines nuits d’été, alors que c’est là qu’il y a le plus de collisions ». Ces signalements permettent d’être « plus attentifs » et de détourner le bateau sans pour autant ralentir, à cause des « impératifs horaires de traversée ». En 2018, 1.823 observations de cétacés ont été transmises au serveur Repcet, deux fois plus qu’en 2017.