Ille-et-Vilaine : Sept anciennes décharges bientôt recouvertes de panneaux photovoltaïques

INFO 20 MINUTES Le syndicat départemental d’énergie a identifié plusieurs sites pouvant accueillir des fermes solaires

Camille Allain

— 

Image du chantier d'un gigantesque parc photovoltaï•que installé à Avignonet-Lauragais, en Haute-Garonne.
Image du chantier d'un gigantesque parc photovoltaï•que installé à Avignonet-Lauragais, en Haute-Garonne. — Frederic Scheiber/20MINUTES
  • Le projet de ferme solaire sur l’ancienne décharge des Hautes-Gayeulles, à Rennes, a fait des petits.
  • Porté par le Syndicat départemental de l’énergie, un ambitieux projet photovoltaïque pourrait s’implanter sur sept anciennes décharges d’Ille-et-Vilaine.
  • Les collectivités pourront mutualiser le coût des études et d’achat des panneaux, et ainsi espérer être compétitifs aux yeux de la Commission de régulation qui fixe les prix de rachat.

L’idée avait été lancée par Rennes Métropole l’an dernier. Contrainte de fermer sa décharge sur le site des Hautes-Gayeulles, la collectivité avait annoncé sa volonté d’y installer des panneaux photovoltaïques pour en faire un site de production électrique. Une opportunité pour valoriser ce site pollué où l’on ne peut ni construire, ni planter mais que l’on doit surveiller pendant des années, même après sa fermeture. Le projet porté par Rennes Métropole semblait tellement judicieux qu’il a donné des idées à d’autres collectivités.

D’après les informations de 20 Minutes, sept sites du département sont actuellement à l’étude. « Notre projet était bien avancé mais nous allons patienter. Mieux vaut avancer groupés », estime Olivier Dehaese, vice-président de Rennes Métropole en charge de l’énergie.

La difficulté ? « Trouver un équilibre économique »

En Ille-et-Vilaine, plusieurs décharges ou « installations de stockage de déchets non dangereux » dans le langage institutionnel, ont récemment fermé et cherchaient à être valorisées. Alerté, le Syndicat départemental de l’énergie s’est saisi du dossier et a identifié plusieurs sites pouvant accueillir des panneaux photovoltaïques. « La difficulté principale de ces projets, c’est de trouver un équilibre économique, notamment quand les sites sont petits. Les développeurs ont du mal à trouver les financements », explique David Clausse, le directeur du SDE 35.

A Saint-Aubin d’Aubigné par exemple, une promesse de bail a été signée voilà huit ans. Mais jamais le développeur n’a trouvé la recette et la décharge n’a toujours pas accueilli le moindre panneau photovoltaïque. Pour surmonter cette difficulté, le SDE 35 a eu l’idée de mutualiser sept sites d’Ille-et-Vilaine au sein d’une même société d’exploitation. Rennes, Tinténiac, Le Verger, Cornillé, Dinard, Dol-de-Bretagne et Saint-Méloir-des-Ondes pourraient ainsi être coiffés de photovoltaïques d’ici deux à trois ans.

L’ensoleillement breton pas toujours avantagé

A l’étude dans les collectivités concernées, le projet se chiffre à 14 millions d’euros au total et offre 10 à 15 % d’économies grâce à la mutualisation des achats de panneaux notamment. L’ensemble porterait une puissance de 17 mégawatts en crête, soit une production annuelle évaluée à 18,5 gigawatts heure par an. Le quart de la production solaire du département.

Pour que le projet tienne debout, le SDE 35 devra cependant obtenir un tarif de rachat intéressant par la Commission de régulation de l'énergie (CRE). Dans ce domaine, la Bretagne et son ensoleillement limité ne partent pas en pole position. « Ce qui fait la rentabilité d’un site, c’est sa taille et son retour sur investissement. Si la CRE trouve des projets moins chers, elle n’acceptera pas de nous racheter l’électricité au prix que nous souhaitons », précise David Clausse.

Certains ont pourtant réussi à convaincre la CRE de leur faire confiance. A Guichen, un projet de ferme solaire devrait voir le jour courant 2020 sur le site de l’ancienne décharge. Après sept à huit ans de réflexion, le Smictom des Pays de Vilaine a choisi d’installer 11.160 panneaux solaires sur ses 7,9 hectares de parcelles, exposés plein sud. La production attendue est de 5,7 gigawatts heure par an, soit l’équivalent de la consommation de 2.300 foyers. Mais là aussi, il va encore falloir patienter, la faute à « des aléas de chantier ».