Huile de palme : Le gouvernement français veut « un groupe de travail » avec Total

ENVIRONNEMENT L’exécutif veut trouver une solution pour se fournir en huile de palme sans impact sur la forêt

20 Minutes avec AFP

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Emmanuelle Wargon, secrétaire d'Etat auprès de la Ministre de la Transition Écologique et Solidaire.
Emmanuelle Wargon, secrétaire d'Etat auprès de la Ministre de la Transition Écologique et Solidaire. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Le gouvernement veut ouvrir « un groupe de travail » pour voir avec Total s’il est possible de se fournir en huile de palme sans impact sur la forêt, a déclaré ce lundi la secrétaire d’Etat à la Transition écologique Emmanuelle Wargon.

« Le sujet, c’est "pas de déforestation à l’autre bout du monde" », a déclaré Emmanuelle Wargon sur CNews, après l’imbroglio à l’Assemblée nationale autour de l’avantage fiscal accordé à l’huile de palme.

Un amendement contesté

Les députés ont voté jeudi à toute vitesse un amendement prévoyant le report à 2026 de l’exclusion de l’huile de palme de la liste des biocarburants (qui bénéficient d’un avantage fiscal), avant de faire marche arrière le lendemain, devant le tollé suscité auprès des défenseurs de l’environnement.

Le groupe Total en particulier est vent debout contre cette exclusion, qui remet selon lui en cause la viabilité de sa bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône), ouverte en juillet.

« Ce que dit l’entreprise est qu’elle veut un délai pour adapter ses pratiques. Je crois qu’il faut qu’on regarde avec elle si c’est possible d’acheter de l’huile de palme qui ne déforeste pas », a déclaré Emmanuelle Wargon lundi. « Il y a des certifications sur ces produits comme sur d’autres, données par des ONG, par des organisations internationales. On a donc dit qu’on allait ouvrir un groupe de travail avec l’entreprise pour voir si c’est possible, mais en tout cas pour moi le signal est clair : "pas de signal à la déforestation" », a-t-elle ajouté.

Un contrôle de la déforestation

Le recours à l’huile de palme importée est dénoncé par les associations environnementales car sa culture extensive alimente la déforestation en Asie du sud-est.

Selon Total, la bioraffinerie de La Mède doit traiter 650.000 tonnes d’huiles et graisses par an et s’approvisionner en huile de palme « durable et certifiée » à hauteur de 300.000 tonnes au maximum. Mais les ONG dénoncent l’inefficacité des labels de certification et jugent que les entreprises ne peuvent pas contrôler la déforestation indirecte.