Montagne : « Avec le dérèglement climatique, certaines stations ne peuvent plus simplement compter que sur l’hiver »

INTERVIEW Les indicateurs sont au vert pour cette saison mais, selon Charles-Ange Ginésy, le président de l’Association nationale des maires de station de montagne (ANMSM), les stations doivent se préparer à avoir de moins en moins de neige

Propos recueillis par Fabien Binacchi

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Charles-Ange Ginésy, maire de Péone-Valberg, est également président du conseil départemental des Alpes-Maritimes
Charles-Ange Ginésy, maire de Péone-Valberg, est également président du conseil départemental des Alpes-Maritimes — ANMSM
  • Les stations de ski ont bénéficié d’importantes chutes de neige en ce mois de novembre.
  • Et les réservations sont en hausse selon le président de l’Association nationale des maires de station de montagne.
  • Charles-Ange Ginésy prévient toutefois que certaines stations doivent diversifier leurs activités en été, en prévision des conséquences du dérèglement climatique.

De la poudreuse tombée en masse et des réservations en hausse devraient augurer un exercice 2019/2020 réjouissant en altitude. Les chiffres sont au vert selon Charles-Ange Ginésy, le président de l'Association nationale des maires de station de montagne (ANMSM).

Comment s’annonce la saison ?

Nos derniers chiffres consolidés, qui datent d’il y a une dizaine de jours, montraient déjà une augmentation du taux d’occupation prévisionnel de 1,9 point. La semaine du Nouvel An se démarque même avec un taux de remplissage de 67 %, en progression de 9 points. Nous observons cette année une anticipation des réservations, en particulier dans les stations de montagne grands domaines et la tendance devrait encore vraiment se confirmer avec les chutes de neige de ces derniers jours.

C’est un démarrage exceptionnel ?

Cela fait assez longtemps que nous n’avions pas enregistré de bonnes tendances en début de saison. C’est devenu rare. Ces dernières années, nous avons souvent fait face à des premières neiges suivies de période de redoux qui remettaient un peu de doute dans les esprits. Là, les conditions sont optimales. Certaines stations ont organisé des préouvertures. Val Thorens a prévu d’ouvrir dès le 23 novembre, Isola 2000 le 30.

Si la neige ne devrait pas manquer cette saison, les stations continuent-elles à s’équiper pour en fabriquer ?

C’est une tendance lourde que j’encourage depuis que je suis arrivé à la tête de l’association en 2014. Tout le monde s’y est mis. Sur les 334 millions d’euros investis cette saison dans les stations, une grosse partie sera consacrée à l’installation d’enneigeurs. Les pronostics du Giec [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] font que nous devons nous adapter.

Certaines stations sont-elles carrément menacées ?

C’est différent selon les massifs. Une station d’altitude dans les Alpes aura encore de beaux jours devant elle. Mais il est clair qu’une station qui est située à moins de 1.500 m dans les Alpes du Sud ne peut plus se permettre de n’investir que pour l’hiver. Il faut diversifier sur les activités d’été.