Bretagne : Des agriculteurs répliquent au maire de Langouët et dénoncent une pollution

ENVIRONNEMENT La Coordination rurale a mené des analyses des eaux usées dans la commune

J.G. avec AFP

— 

Le maire de Langouët Daniel Cueff, ici le 14 octobre 2019 devant le tribunal administratif de Rennes pour défendre son arrêté anti pesticides.
Le maire de Langouët Daniel Cueff, ici le 14 octobre 2019 devant le tribunal administratif de Rennes pour défendre son arrêté anti pesticides. — C. Allain / 20 Minutes
  • La Coordination rurale dénonce une pollution dans la commune de Langouët où le maire Daniel Cueff a pris un arrêté anti-pesticides.
  • Après analyse, le syndicat affirme avoir retrouvé des « polluants chimiques et minéraux » dans les eaux usées de la commune qui « ne proviennent pas de l’agriculture ».
  • Le maire a réagi en indiquant que la Coordination rurale tentait de « détourner l’attention ».

Après avoir pris un arrêté anti-pesticides, depuis annulé par la justice, le maire de Langouët Daniel Cueff se retrouve désormais dans le viseur de certains agriculteurs. La Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, souhaite ainsi lui « demander des comptes » au sujet d’une « pollution » des effluents sortant de la station d’épuration de sa commune, rejetés vers un ruisseau.

« L’analyse des effluents sortant de la station d’épuration de la commune a permis de mettre en évidence que les rejets contaminent le milieu aquatique », écrit la Coordination rurale dans un communiqué. Après avoir fait analyser les effluents domestiques par le laboratoire nantais Inovalys, le syndicat dit avoir mis en évidence des « polluants chimiques et minéraux » (azote, phosphore, glyphosate) qui « contaminent le milieu aquatique » avec des valeurs limites de rejets qui « ne respectent pas les normes européennes ».

Les agriculteurs en ont marre « d’être stigmatisés »

Le syndicat explique avoir effectué ces mesures pour répondre à l’arrêté pris par Daniel Cueff, qu’il qualifie de « donneur de leçon » et l’accuse de jeter « l’opprobre sur une profession durement touchée par les crises successives ».

« Nous n’acceptons plus d'être stigmatisés. Les pollutions sont multiples et, dans ce cas précis, ne proviennent pas de l’agriculture dans la mesure où la station d’épuration de Langouët est entourée de prés et de bois, loin des parcelles agricoles. Les pollutions viennent des urines, déjections humaines, mais aussi des lessives, des détergents, et restes de végétaux », a déclaré à l’AFP Bernard Lannes, président de la Coordination rurale.

Ils tentent de « détourner l’attention » selon Daniel Cueff

« Je ne pense pas que les gens mettent du glyphosate dans leurs toilettes », a réagi Daniel Cueff pour qui le glyphosate « vient de l’agriculture ». « Nous sommes très conscients du problème », a-t-il par ailleurs indiqué, réfutant tout dépassement des normes. « Il y a des eaux parasites qui arrivent dans la lagune, avec une surcharge qui perturbe le bon fonctionnement de la station en lagunage. Nous venons d’acheter deux terrains pour faire un quatrième bassin dans lequel les eaux usées seront traitées par les plantes et algues pour arriver à une eau pure dans la rivière », a ajouté le maire.

Selon lui, la Coordination rurale « tente de détourner l’attention alors que les habitants de Langouët respirent des pesticides mais ne boivent pas les eaux de la lagune ».