Des lycéens de la Vallée de l'Arve impliqués dans le premier observatoire citoyen de mesure de la qualité de l'air

POLLUTION Soixante-dix lycéens de la Vallée de l'Arve, en Haute-Savoie, vont participer à la création du premier observatoire citoyen de mesure de la qualité de l'air

Elisa Frisullo

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Dans la Vallée de l'Arve, en Haute-Savoie, un jour de pollution.
Dans la Vallée de l'Arve, en Haute-Savoie, un jour de pollution. — AFP
  • Le premier observatoire citoyen de mesure de la qualité de l’air va être créé cette semaine dans la Vallée de l’Arve en Haute-Savoie.
  • Il va impliquer des élèves de deux lycées, chargés d’assembler les microcapteurs, de les installer et de suivre les données sur les polluants.
  • Ce projet, porté par Atmo Auvergne Rhône-Alpes, vise notamment à affiner les prévisions de l'observatoire régional de la qualité dl'air. 

La pollution, ils ont grandi avec et y sont confrontés été comme hiver, comme la majorité des riverains des secteurs à la qualité de l’air dégradé. Mais dans les prochains mois, plutôt que de la subir, ils vont apprendre à la mesurer et à la comprendre. Cette semaine, 70 lycéens de la Vallée de l'Arve, en Haute-Savoie, vont participer à la création du premier observatoire citoyen de mesure de la qualité de l’air. Un projet porté par l’observatoire Atmo Auvergne-Rhône, l’équipementier automobile Bontaz, et les lycées du Mont-Blanc René Dayve de Passy et Charles Poncet de Cluses.

« Cet observatoire est né de notre volonté d’utiliser les nouvelles technologies de capteurs pour affiner et compléter nos données sur la qualité de l’air tout en impliquant la population, » résume Stéphane Socquet, directeur production au sein d’Atmo Auvergne Rhône-Alpes. Dès ce mardi, 40 élèves de première de Passy, en première Sti2D, vont être chargés, dans le cadre de leurs cursus, d’assembler ces microcapteurs puis de les tester.

En parallèle, des terminales de Passy et Cluses auront pour mission d’étudier les meilleures façons d’optimiser les microstations mises en place. « Les élèves vont devoir réfléchir à l’installation la plus intelligente possible de ces 30 microcapteurs qui seront déployés dès début 2020 dans la vallée de l’Arve », ajoute le responsable d’Atmo. Un vaste secteur, allant de Chamonix jusqu’à la région d’Annemasse, où les épisodes de pollution aux particules fines ou au dioxyde d’azote sont fréquents.

Compléter et affiner les données d’Atmo

Pour les jeunes impliqués dans l’observatoire, l’expérience s’annonce riche. « Les lycéens sont au cœur du sujet. D’abord, parce qu’ils vont pouvoir développer leurs compétences à travers ce projet totalement en lien avec leur cursus pédagogique. Ensuite, parce qu’ils habitent ce territoire sur lequel on parle beaucoup de la qualité de l’air », souligne Stéphane Socquet. «Ce projet qui implique plusieurs filières du lycée, c'est une richesse pour les jeunes qui vont développer de multiples connaissances sur ce qui est fait. Ils vont aussi avoir cette chance de travailler avec des experts», renchérit Sandrine Jitten, proviseure du lycée du Mont-Blanc.

Pour Atmo, ce premier observatoire citoyen, financé grâce à l’entreprise Bontaz très impliquée sur les questions environnementales, n’est que la première étape d’un volet plus global visant à améliorer les prévisions et mesures de la qualité de l’air. « Nous ne comptons pas nous arrêter là. Nous menons aussi des travaux avec des universitaires (l’Insa à Lyon notamment) sur l’intelligence artificielle, les big data, pour voir de quelle manière nous pouvons intégrer ces technologies à notre laboratoire pour affiner nos données et nos prévisions », ajoute le spécialiste de la qualité de l’air. L’objectif, à terme, étant de permettre de rendre plus ciblés et donc plus efficaces les plans d’action contre la pollution.

Dans la Vallée de l’Arve, où un plan de protection de l'atmosphère est en cours, des dépassements des seuils réglementaires sont fréquemment observés pour certains polluants. « Il reste du travail, mais il y a une amélioration », ajoute le directeur production d’Atmo, convaincu qu’en impliquant les citoyens, la lutte sera plus efficace. « Nous espérons que cet observatoire créé avec les lycéens va diffuser dans les familles. Qu’il va y avoir une prise de conscience et que cela permettra d’induire des changements de comportements ».