« Trop faible », l'ours Mischa est mort au refuge

ANIMAUX Il était l’un des derniers à avoir été exhibé en spectacle en France avant d’être saisi en raison de son état de santé

Mikaël Libert

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L'ours Micha lors de son dernier spectacle, dans le Pas-de-Calais.
L'ours Micha lors de son dernier spectacle, dans le Pas-de-Calais. — AVES

So long Mischa. L’un des derniers ours à avoir été exhibé en spectacle en France est mort, mardi, au refuge La Tanière où il avait été accueilli en septembre dernier, a-t-on appris auprès de plusieurs sources. Mischa avait été saisi auprès de son propriétaire, la famille Poliakov, en raison de son état de santé déplorable et sur décision de la ministre Elisabeth Borne.

« De nombreuses tumeurs notamment au cerveau »

« Il aura tout de même vécu quelques semaines une vraie vie d’ours », a déclaré l’association de défense des animaux OneVoice. Malgré l’attention et les soins dont il faisait l’objet, le vieil ours a finalement succombé à un état général très dégradé. Ces derniers jours, sa santé déclinait encore, l’animal ne supportant pas l’arrêt de son traitement antibiotique. Mischa a été endormi, mardi, afin de subir de nouveaux examens. Les résultats « ont révélé de nombreuses tumeurs notamment au cerveau », explique l’équipe de La Tanière. « Trop faible à l’issue des examens, l’ours ne s’est pas réveillé de son anesthésie », déplorent les soigneurs.

La dernière apparition publique de Mischa remonte à début septembre, au cours d’une fête municipale à Racquinghem, dans le Pas-de-Calais. L’animal y était apparu très affaibli et plusieurs associations de défense des animaux avaient dénoncé le commanditaire et le propriétaire de l’ours pour cette exhibition. Le ministère de l’Ecologie avait été saisi à plusieurs reprises sur la situation des animaux détenus par la famille Poliakov, propriétaire de Mischa. Des sollicitations restées lettre morte jusqu’au mois de septembre dernier. L’ours avait alors été saisi et placé dans un refuge.

Trop tard pour l’association One Voice : « Les responsables, préfet, vétérinaire et dresseurs, ont si longtemps permis qu’aucune amélioration n’ait lieu pour les animaux des Poliakov, devront rendre des comptes », a-t-elle assuré dans un communiqué, précisant que « plusieurs plaintes sont en cours ».

Selon l’association AVES, « il ne reste que huit ours aux mains de dresseurs en France. Pour tous, nous avons déjà des places dans des sanctuaires adaptés ». La mort de Mischa servira peut-être à faire avancer la cause des militants qui réclament l’arrêt de l’exploitation des animaux dans les cirques.