Marseille : Un nouveau radar anti-pollution testé en vue de la création d’une zone à faible émission

POLLUTION L’organisme Atmosud a installé pour une semaine un radar mesurant la pollution émise par les voitures à Marseille, en vue de la création d’une zone à faibles émissions

Adrien Max

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Le radar anti-pollution a été installé dans le quartier d'Euroméditerranée.
Le radar anti-pollution a été installé dans le quartier d'Euroméditerranée. — Atmosud
  • L’organisme Atmosud teste pendant une semaine un radar anti pollution qui mesure les émissions de chaque véhicule.
  • Cette expérimentation vise à recueillir des données en vue de la création d’une zone à faible émission.

Un nouveau radar sur les routes marseillaises. Mais rassurez-vous, il ne sera là qu’une semaine, et surtout il ne flashe pas. Atmosud, un organisme de surveillance de la qualité de l’air, expérimente toute cette semaine un radar anti- pollution pour mesurer les niveaux de pollution des véhicules dans le quartier d’Euromediterranée à Marseille.

Un gros boîtier gris est installé sur la chaussée, raccordé à un ordinateur, duquel est projeté un laser directement sur la route. « Des mesures sont réalisées avant et après le passage des véhicules ce qui nous permet de calculer ce qui sort directement du pot d’échappement », explique Stéphan Castel, responsable du service innovation et communication chez Atmosud.

« Taper sur l’automobile »

Le radar indique ensuite le niveau de pollution du véhicule : acceptable, médiocre ou mauvais. « Ces visuels informent les conducteurs sur les niveaux d’émissions de leur véhicule. L’objectif n’est pas de les verbaliser, mais de leur faire prendre conscience de la pollution émise en les sensibilisant », prévient Stéphan Castel.

Pourtant, l’association 40 millions d’automobilistes n’a pas tardé à monter au créneau. « Le radar indique le niveau de pollution du véhicule en trois mots : acceptable, médiocre ou mauvais. Le mot "bon" n’existe pas. On part donc du principe qu’il faut taper sur l’automobile », a réagi Daniel Quero, le président de l’association dans un communiqué.

Anticiper l’impact

Atmosud rappelle l’objectif premier de cette expérimentation : recueillir des données. « Chaque plaque d’immatriculation sera enregistrée avec ses émissions, ce qui permettra de savoir dans quelles classes euro elle s’inscrit pour la vignette Crit’air. Cela nous permettra de savoir quel levier activer pour la mise en place d’une zone à faible émission. On s’est, par exemple, rendu compte qu’à Lille, 10 % du parc automobile émet deux fois plus de polluants. Grâce à ces données, nous pourrons prévoir quel impact aurait leur exclusion », avance Stéphan Castel.

C’est d’ailleurs ce qui fait vivement réagir 40 millions d’automobilistes. « On assiste à la mise en place d’une obsolescence programmée des véhicules. A ce que je sache, il n’y a pas de dates de péremption sur une carte grise. Et, là, on va interdire à certains véhicules de circuler, alors que pour les mêmes il y avait des primes gouvernementales il y a dix ans ? », s’insurge Pierre Chasseray, auprès de 20 Minutes. Le délégué général de 40 millions d’automobilistes réfléchit, avec les avocats de l’association, a un moyen d’attaquer devant la justice la mise en place de la vignette Crit’air.

Une première à Villeuneuve-Loubet

Cette expérience a été mise en place dès le printemps à Villeuneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) sur l’initiative de Serge Jover, président de l’association défense environnement Villeneuve-Loubet. « Nous l’avons installé avec Atmosud sur une route extrêmement fréquentée, qui mène vers Grasse, Sophia-Antipolis et une zone commerciale. Nous avons constaté une forte pollution en dioxyde d’azote en journée, remplacée par la pollution à l’ozone en soirée », explique le président de l’association.

Selon lui ce genre d’initiative relève de la compétence du maire, afin de sensibiliser ses administrés sur ces questions de la pollution. Mais que c’est aux particuliers de prendre des mesures. « Nous avons interrogé les personnes et 74 % expliquent être très satisfaits ou satisfaits du radar, 71 % considèrent qu’il permet de sensibiliser aux bons comportements mais 88 % affirment aussi qu’ils ne changeront rien à leur comportement », détaille Serge Jover, un peu désabusé. Preuve du chemin encore à parcourir.