Nice: Ils planchent sur des techniques plus vertes pour faire manger la planète

FORMATION L’université Côte d’Azur a lancé un Master pour former les futurs ingénieurs d’une agriculture plus propre

Fabien Binacchi et Mathilde Frénois

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Des étudiants dans les serres de l'Inra
Des étudiants dans les serres de l'Inra — L. Zurletto / MSc BOOST
  • L’université Côte d’Azur a lancé une nouvelle formation « unique en France ».
  • Le MSc BOOST est centré sur les « solutions de contrôle biologique pour la santé des plantes » (Biocontrol solutions for plant health).
  • Pour cette première promotion, dix étudiants du monde entier vont plancher sur toutes les voies possibles pour faire pousser des plantes sans produit phytosanitaire.

Ils sont dix. Dix qui révolutionneront peut-être bientôt l’agriculture mondiale. Sous les serres de l’Inra (l’Institut national de la recherche agronomique) à Sophia Antipolis ou dans les labos du campus Valrose, à Nice, des étudiants venus des quatre coins du monde planchent sur des techniques plus vertes pour faire manger la planète.

Depuis la rentrée, Ils essuient les plâtres d’une nouvelle formation « unique en France » : le Master of science (MSc) Boost ou Biocontrol solutions for plant health (comprenez « solutions de contrôle biologique pour la santé des plantes »).

Sans produit phytosanitaire

« L’idée est de former des ingénieurs, les ambassadeurs de l’agriculture durable et propre, présente Erwan Paitel, directeur du programme formations à l’Université Côte d’Azur. Le cursus, prévu sur deux ans et dispensé en anglais, est centré sur toutes les voies possibles pour faire pousser des plantes sans produit phytosanitaire. »

Et c’est avec des champignons et des bactéries plutôt qu’avec des pesticides chimiques que ces jeunes chercheurs vont travailler. Avec le concours du CNRS et de l’Inra, en pointe sur ces questions-là. « En France, l’agriculture durable est plus avancée qu’au Brésil, explique Marina Lima, 30 ans, l’une des quatre jeunes femmes de la formation. Je veux travailler dans le contrôle biologique. Chez moi par exemple, on a beaucoup de cannes à sucre et j’aimerais faire avancer la recherche sur cette agriculture-là. »

Des insectes pour chasser d’autres insectes

Dans cette première promo très internationale (avec des ressortissants d’Italie, de Colombie, d’Algérie ou encore du Zimbabwe), tous sont déjà animés de convictions profondes.

« On espère pouvoir rendre l’agriculture un peu plus verte, confie le Français Léo Jackson, 23 ans. Par exemple, plutôt qu’un pesticide, on peut utiliser un insecte pour chasser un autre insecte. Des guêpes vont par exemple pondre dans des ravageurs. Les œufs vont se développer et les tuer. » Des procédés qu’ils pourront exporter dans leur pays.