Hérault : Pourquoi les intempéries ont été une aubaine pour les moustiques

PIQÛRES Les chasseurs de moustiques ont répandu du bioinsectide sur les zones humides pour éviter les éclosions de larves

Nicolas Bonzom
— 
Un Aedes detritus, un moustique des zones humides
Un Aedes detritus, un moustique des zones humides — JB_Ferré @EIDMéditerranée

Si les intempéries, qui ont sévi sur le département de l'Hérault les 22 et 23 octobre derniers, ont causé de gros dégâts, elles ont été aussi une véritable aubaine pour les moustiques. « Ces événements ont submergé certaines zones humides du littoral, explique Jean-Claude Mouret, coordinateur opérationnel de l'EID Méditerranée, l’Entente interdépartementale de démoustication. La femelle pond ses œufs sur des sols secs, et lorsqu’ils sont recouverts d’eau, il peut y avoir des éclosions de larves. »

Les chasseurs de moustiques de cet opérateur public basé dans l’Hérault, qui agit depuis 60 ans pour éviter que l’on soit piqué, ont ainsi traité ces derniers jours avec un bioinsecticide, par épandages en avion, en hélicoptère ou au sol, quelque 3.300 hectares des Bouches-du-Rhône aux Pyrénées-Orientales, dont 1.300 dans l’Hérault.

Un épandage de l'EID pour chasser les moustiques, près de Montpellier
Un épandage de l'EID pour chasser les moustiques, près de Montpellier - N. Bonzom / Maxele Presse

Et les moustiques-tigres ?

« L’objectif, c’est de réduire le niveau de population, pour le ramener à un seuil qui ne sera pas gênant pour les habitants, reprend Jean-Claude Mouret. Nous procédons à présent à des évaluations, et globalement, les remontées sont plutôt satisfaisantes. »

Pas de risque, a priori, que les Héraultais soient piqués par des Aedes Detritus ou des Aedes Caspius, les deux moustiques qui se développent dans les zones humides. A ne pas confondre avec les moustiques-tigres, leurs cousins urbains, qui raffolent, eux, des eaux stagnantes que les habitants laissent dans leurs jardins.

Pour combattre cette espèce tropicale, le remède est de supprimer les récipients à l’extérieur qui retiennent de l’eau. « Nous sommes plutôt, pour cette espèce, dans une période de régression de sa population, car nous allons rentrer en hiver, durant lequel les œufs n’éclosent pas, note Jean-Claude Mouret. Mais les bons gestes sont toujours à pratiquer. »