L'égérie dense s'est accrochée à la Vilaine et s'est développée, malgré les opérations de faucardage. Ici à Rennes, le 31 octobre 2019. Lancer le diaporama
L'égérie dense s'est accrochée à la Vilaine et s'est développée, malgré les opérations de faucardage. Ici à Rennes, le 31 octobre 2019. — C. Allain / 20 Minutes

ENVIRONNEMENT

Rennes: La Vilaine ne parvient pas à se défaire de l'égérie, plante très invasive

Des opérations d’arrachage ont été menées sur le cours d’eau mais la plante revient sans cesse

  • A Rennes et Cesson-Sévigné, la Vilaine a été envahie par l’égérie dense, une plante invasive.
  • Des opérations de « fauchage » ont été lancées à la demande des clubs de kayak et d’aviron.
  • Coûteuses, ces actions ne règlent en rien la prolifération et l’égérie dense reviendra très vite. La métropole cherche des solutions.

Arrachez-la, elle reviendra. Coupez-la, elle repoussera. Encouragée par les chaleurs d’un été radieux, la coriace égérie dense a pris ses aises dans la Vilaine et s’est développée à une vitesse folle cette année. Un phénomène de prolifération inquiétant qui a fait de cette plante aquatique le cauchemar des amateurs de kayak et d’aviron.

Sommée d’agir « en urgence » par les clubs sportifs de Rennes et Cesson-Sévigné, la métropole n’a eu d’autre choix que d’organiser des opérations de « faucardage ». Commencée fin août et achevée cette semaine, cette « tonte » réalisée par un bateau moissonneur a permis de libérer les eaux de la Vilaine. Une opération chiffrée à 90.000 euros qui essuie cependant les critiques et serait « vouée à l’échec à moyen et long terme » et constitue « un gâchis d’argent public », selon les élus de la France Insoumise.

Des conditions « idéales » dans la Vilaine

Car l’égérie reviendra. Cette plante invasive populaire chez les amateurs d’aquariophilie est sans doute arrivée là après des rejets sauvages d’aquarium. Dans la Vilaine, elle a trouvé un terrain idéal pour s’installer : peu de courant, un canal large et ensoleillé et une concentration en phosphore élevée. « On a enlevé tous les talus, toutes les haies qui laissaient le temps aux eaux de pluie de se décanter. Aujourd’hui, elles arrivent chargées en minéraux dans les cours d’eau », explique Pauline Pennober, animatrice environnement chez Eaux et rivières de Bretagne. Si l’agriculture est pointée du doigt, les systèmes d’assainissement collectifs et particuliers peuvent également y contribuer.

Tout l’été, certaines activités ont dû être suspendues en raison de la prolifération de l’égérie. « On allait de moins en moins loin à chaque sortie, les plantes se coinçaient dans les hélices », confirme François Templé, le patron des P’tits Bateaux proposés à la location. « La difficulté avec les espèces invasives, c’est qu’elles se développent à cause de nombreux facteurs. C’est très compliqué à traiter. Elle sera toujours là, il faut être lucide », poursuit Pauline Pennober.

Le bateau moissonneur en a disséminé un peu partout

Pascal Hervé, élu de Rennes Métropole chargé du dossier en est parfaitement conscient. « Nous savions que le faucardage n’était pas une fin en soi, c’était une décision d’urgence ». Le problème, c’est qu’en fauchant l’égérie, le bateau moissonneur en a disséminé un peu partout, participant à la prolifération en aval du cours d’eau.

Une réunion est prévue la semaine prochaine à la métropole afin de tenter de trouver une solution à la prolifération de l’égérie. « L’idéal, ce serait de réduire le lit de la Vilaine, de recréer des méandres et de planter sur les rives pour recréer de l’ombrage », résume l’élu. Un chantier colossal, qui viserait à rétablir la silhouette originale de la rivière, ravagée par cinquante ans de mauvaises décisions. Un tournant écologique qui ne serait guère compatible avec les activités nautiques. Il faudra faire des choix.