Surf : La jeune marque nantaise Wildsuits veut rendre les combinaisons plus écolos

GLISSE De la conception au recyclage, les deux créateurs de ces combinaisons veulent être «le plus éco-responsable possible»

Julie Urbach

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Le Nantais Antoine Pouvreau est le cofondateur de Wildsuits
Le Nantais Antoine Pouvreau est le cofondateur de Wildsuits — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Wildsuits est une marque de combinaisons de surf réalisées « avec un maximum de matériaux respectueux de la nature ».
  • Le néoprène n’est pas à base de pétrole mais de calcaire, et d’autres composants recyclés (pneus usagers, bouteilles…) sont utilisés.

Avec les grandes marées, un week-end prolongé et « les vagues qui reviennent » à l’automne, le moment est parfait pour enfiler sa combi de surf. Mais pas n’importe laquelle, espère Antoine Pouvreau. Ce Nantais de 24 ans est le cofondateur de Wildsuits, une jeune marque de combinaisons réalisées « avec un maximum de matériaux respectueux de la nature ». Il faut dire qu’il y a du boulot chez les surfeurs : malgré leur image à la cool et proche de l’environnement, leurs équipements ne sont pas si green que ça. Composants polluants dans les planches, wax à la paraffine… ce n’est pas mieux niveau combinaison dont la matière principale, le néoprène, est réalisée à partir de pétrole.

En 2015, Antoine Pouvreau en a pris conscience quand ce fan de sports de glisse, alors installé au Portugal, a déballé son colis venu de Chine. « Ça sentait super fort, c’était horrible, se rappelle le jeune homme. Avec un ami, on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose et on s’est lancé dans la création d’une combi durable, chaude, eco-friendly, et à un prix accessible pour les surfeurs portugais. » Les deux associés découvrent alors l’existence d’un autre type de néoprène, le Limestone extrait de roche calcaire, déjà adopté par quelques autres marques.

Une filière de recyclage

Pour le reste, Wildsuits explique utiliser des pneus usagés, de la colle sans solvant, mais aussi 45 bouteilles recyclées par combinaison. Par contre, ces dernières sont confectionnées en Asie, et les stocks arrivent par bateau… « On ne veut pas faire de bullshit, on veut juste être le plus éco-responsable possible », lance Antoine Pouvreau, qui espère pouvoir relancer une usine de fabrication au Portugal. Et alors que certains de ses concurrents utilisent du Yulex, sorte de caoutchouc naturel, lui assure que son bilan carbone n’est en fait pas si bon. « C’est très intéressant car c’est fait à base de sève d’arbre mais il y a trop d’intermédiaires, dans différents pays ! »

Le surfeur Tim Bisso dans sa combinaison Wildsuits - crédit Pierre Brr.
Le surfeur Tim Bisso dans sa combinaison Wildsuits - crédit Pierre Brr. - Wildsuits

Puisque le néoprène est non biodégradable, Wildsuits a imaginé sa propre filière de recyclage : ramener son ancienne combi offre au surfeur un bon de 15 euros de réduction pour en acheter une nouvelle de la marque (entre 249 et 319 euros). Selon l’état de l’équipement, il est réutilisé via l’association Surfers solidaires, ou recyclé en goodies.

Après plusieurs prototypes testés et validés dans les vagues portugaises, les deux chefs d’entreprise (le deuxième, Olivier Boileau, est resté au Portugal) sont passés à la vitesse supérieure et ont écoulé en un an près d’un millier de combinaisons via une trentaine de magasins partenaires en Europe. Il y a quelques jours, ils ont ouvert leur propre boutique en ligne et planchent désormais sur des modèles pour les femmes et les enfants. Un développement qui devrait continuer prochainement en Europe de l’Est, où le kite-surf et le wakeboard ont le vent en poupe. « Le but ultime serait l’Australie et les Etats-unis, rêve le Nantais. En attendant, le chemin est long pour amener les gens à s’interroger et changer leurs habitudes ! »