Gironde : La maire de Parempuyre maintient son arrêté anti-pesticides

SANTE La maire socialiste de cette commune au nord de Bordeaux, a décidé de maintenir son arrêté interdisant les pesticides, alors que la préfecture vient de lui demander de le retirer

M.B. avec AFP

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La maire de Parempuyre, près de Bordeaux, Béatrice de François (PS).
La maire de Parempuyre, près de Bordeaux, Béatrice de François (PS). — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Béatrice de François a interdit le 21 août les produits phyto-pharmaceutiques « à moins de 100 mètres de toute habitation ou espace public » sur sa commune.
  • Le 11 octobre, la préfecture de la Gironde lui a demandé de le retirer au motif que l'interdiction des pesticides n'est pas de la compétence d'un maire.
  • La préfecture peut maintenant attaquer l'arrêté devant le tribunal administratif.

Béatrice de François, la maire socialiste de Parempuyre, dans le Médoc, a maintenu vendredi  son arrêté interdisant les pesticides sur sa commune, alors que la préfecture de Gironde vient de lui demander de le retirer.

« Je ne retire pas mon arrêté malgré la demande de Madame la Préfète. Il est urgent que l’État prenne des mesures pour protéger les populations tout en accompagnant les agriculteurs pour une conversion au bio », a justifié Béatrice de François sur son compte Twitter.

L’interdiction des pesticides n’est pas de la compétence d’un maire

La préfecture a désormais la possibilité d’attaquer l’arrêté devant le tribunal administratif. Le 11 octobre, elle lui avait en effet demandé de le retirer au motif que l’interdiction des pesticides n’est pas de la compétence d’un maire. « Les mesures concernant l’utilisation et la détention de ces produits » relèvent des ministres de l’Agriculture, de la Santé, de l’Environnement et de la Consommation et non pas du maire, écrit la préfète Fabienne Buccio dans son courrier consulté par l’AFP.

« Si le maire est bien responsable de l’ordre public sur son territoire (…) il ne saurait en aucun cas s’immiscer dans l’exercice de cette police spéciale », ajoute-t-elle.

Une interdiction visant agriculteurs, viticulteurs et bailleurs

Le 21 août, la maire de cette commune périurbaine de quelque 8.200 habitants, au nord de Bordeaux, a interdit « formellement » les produits phyto-pharmaceutiques « à moins de 100 mètres de toute habitation ou espace public ».

Une interdiction visant les agriculteurs et viticulteurs ainsi que les bailleurs qui utilisent des pesticides pour l’entretien des espaces verts communs. D’après l’arrêté consulté, de « nombreuses habitations et espaces publics » se situent à moins de 20 mètres d’exploitations agricoles utilisant des produits phyto-pharmaceutiques.

Plusieurs élus ont rejoint la fronde contre les pesticides

« Je constate qu’à ce jour aucune réglementation n’a été édictée par l’Etat permettant d’assurer la protection des populations vulnérables, et parmi celles-ci, les riverains, comme l’exige le Conseil d’Etat », a répondu la maire à la préfète dans un courrier publié sur Instagram.

Cet été, plusieurs élus ont rejoint la fronde contre les pesticides accentuée par la médiatisation du combat du maire de Langouët (Ille-et-Vilaine) Daniel Cueff, dont l’arrêté a été annulé vendredi par le tribunal administratif. En janvier, la maire de Parempuyre avait pris un premier arrêté qui s’appliquait à tout le territoire de la commune. L’élue l’avait retiré, à la demande de la préfecture.