Amazonie : Les dauphins roses contaminés au mercure à cause de l’orpaillage illégal

POLLUTION Cette contamination au mercure est aussi une vraie menace pour la santé des près de 20 millions de personnes qui vivent dans la région amazonienne

20 Minutes avec agences

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Des dauphins roses d'Amazonie.
Des dauphins roses d'Amazonie. — ARDEA/MARY EVANS/SIPA

L’orpaillage illégal est en partie la source du phénomène. Les dauphins roses d’ Amazonie présentent des niveaux inquiétants de contamination au mercure, a révélé une étude de plusieurs ONG de défense de l’environnement, dont le Fonds mondial pour la nature (WWF).

Entre 2017 et 2019, des chercheurs ont mesuré le taux de contamination sur 46 dauphins dans les grands bassins hydrographiques amazoniens du Brésil, de la Bolivie, de la Colombie et du Pérou. Résultat : « Tous ont présenté un certain niveau de contamination au mercure, avec des taux élevés pour plus de la moitié d’entre eux », explique Marcelo Oliveira, de WWF Brésil.

Orpaillage, déforestation et incendies

Le mercure, utilisé pour séparer l’or d’autres minéraux, est hautement polluant. Selon l’étude, l’orpaillage illégal est donc une vraie menace. « 100 % des dauphins suivis ont été contaminés, surtout sur le bassin de l’Orénoque (qui s’étend sur la Colombie et le Venezuela), où il y a une grande concentration d’orpailleurs ».

Mais Marcelo Oliveira considère que l’orpaillage n’est pas le seul problème. « Le mercure existe sous une forme naturelle en Amazonie, mais il se répand dans l’eau à cause de la déforestation, des incendies de forêt et entre dans la chaîne alimentaire des dauphins et des poissons », déplore-t-il.

Une menace pour 20 millions de personnes

Les forts taux de mercure observés dans l’organisme des dauphins traduisent également une vraie « menace » pour la santé des près de 20 millions de personnes qui vivent dans la région amazonienne. La population peut en effet être amenée à consommer des poissons contaminés.

« Le mercure peut demeurer jusque 100 ans dans la chaîne alimentaire, c’est le grand problème », conclut Marcelo Oliveira.