VIDEO. Inondations dans le Sud : « En cinq minutes, il y a eu 80 cm d’eau dans la maison »

INONDATIONS L’épisode méditerranéen a entraîné de très nombreux dégâts à Béziers,où les habitants nettoyaient les stigmates jeudi

Jérôme Diesnis

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Les pompiers de la sécurité civile continuaient de pomper l'eau des caves et vides sanitaires inondés toute la journée de jeudi.
Les pompiers de la sécurité civile continuaient de pomper l'eau des caves et vides sanitaires inondés toute la journée de jeudi. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Il est tombé mercredi l’équivalent d’un an de pluie en 24 heures à Béziers.
  • A Villeneuve-lès-Béziers, ville la plus touchée par ces inondations, les habitants déjà inondés en 1996 oscillent entre incompréhension et colère.
  • La question s’est posée d’évacuer les 30.000 personnes vivant dans les communes littorales du biterrois.

Des coups de raclette. Les allers et venues des pompiers de la sécurité civile, qui inlassablement pompent l’eau emprisonnée dans les vides sanitaires. Et partout de la boue, des stigmates de la violence des éléments. Au lendemain des pluies diluviennes, mercredi, le Biterrois panse ses plaies. « A Béziers, il est tombé en 24 heures l’équivalent d’une année de pluie », explique Eric Florès, contrôleur général des pompiers de l’Hérault.

Parmi les communes les plus touchées, celles du littoral, très vite esseulées mercredi. Un camion du génie mobile de la gendarmerie, était encore le seul, jeudi en début d’après-midi, à assurer le transit entre Portiragnes plage et le reste du monde. « La question s’est posée un moment d’évacuer les 30.000 habitants du littoral », explique la gendarmerie.

« J’ai entendu un hélicoptère et j’ai vu les dégâts »

Mais c’est à Villeneuve-lès-Béziers que les habitants ont le plus été touchés, notamment dans le lotissement des Arcades. « En cinq minutes, il y avait 80 centimètres d’eau », décrit Marc Cianni, l’une des 138 personnes évacuées mercredi sur l’ensemble du département de l’Hérault.

La montée rapide a surpris tout le monde. « J’ai entendu un hélicoptère passer. Je me suis demandé pourquoi. J’ai été sur le balcon et j’ai vu toute cette eau, soupire Josette, une riveraine. En 1996, déjà, j’avais tout perdu ! Je suis en colère, mais pas contre les secours, qui sont super, ni les bénévoles qui sont venus spontanément nous aider. »

A l’entrée du lotissement, une plaque rappelle les inondations de 1996

A l’entrée du lotissement, une plaque rappelle que l’eau est montée à 1,20 m. « Psychologiquement, c’est difficile à vivre. Une fois, c’est exceptionnel. Deux fois… Au moindre orage, on se demande si ça ne va pas recommencer », reprend Marc Cianni. « Après 1996, j’ai fait partie d’une association de sinistrés. Depuis rien n’a été fait. Alors qu’on sait bien que toute l’eau vient du canal, peste Raymond Santisteve, qui a dit sa « colère à la ministre [Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, s’est déplacée à Béziers, jeudi]. J’ai confiance en elle. Elle nous a expliqué qu’elle en ferait part au préfet. On nous dit qu’il y a eu une brèche, mais c’est faux. La butte qui servait de digue a été volontairement coupée à un endroit précis. C’est par là que l’eau passe. »

« Il y a deux origines probables : le canal du Midi qui aurait déversé son trop-plein, ou le barrage que formait la ligne SNCF et qui a fini par céder », relate Eric Florès. La portion de voies entre Sète et Narbonne sera fermée au moins jusqu’au 4 novembre. Des morceaux de ballast ont été emportés. « Il y a parfois des vides de cinq mètres sous les voies ferrées », note la SNCF.

L’épisode a été violent, du Roussillon aux Cévennes, en passant par Montpellier, où 86 mm d’eau par mètre carré sont tombés en une heure et demie. Il a semé la mort, emportant une dame de 78 ans à Cazouls d’Hérault. A Béziers et ses communes limitrophes, les dégâts sont uniquement matériels. Mais ils sont nombreux. « Une procédure accélérée de catastrophe naturelle a été lancée », précise Elisabeth Borne.