Hérault : Malgré un été caniculaire qui a décimé les ruches, le métier d'apiculteur séduit encore

MIEL « 20 Minutes » a profité de la Fête du miel pour interroger des professionnels du secteur

Nicolas Bonzom

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Un apiculteur, dans l'Hérault (illustration)
Un apiculteur, dans l'Hérault (illustration) — XAVIER MALAFOSSE/SIPA
  • Cet été, la canicule qui a touché le département a décimé de nombreuses ruches.
  • Certains apiculteurs mettent en œuvre des parades, pour éviter le coup de chaleur.
  • Malgré les difficultés, le métier séduit encore : 60 à 80 personnes se forment chaque année aux ruches-écoles gérées par le syndicat de l’Abeille héraultaise.

Comme pour les viticulteurs, l’été fut rude, pour les apiculteurs de l'Hérault. La canicule a décimé leurs ruches, fait fondre la cire, et tué une partie de leurs abeilles. 20 Minutes a profité de la Fête du miel, ce dimanche, à Cournonsec, pour questionner des professionnels, qui, pour certains, se remettent à peine d’une saison cauchemardesque.

« Nous avons eu une saison compliquée, indique Renaud Notteghem, un jeune apiculteur installé du côté du pic Saint-Loup. Il y a d’abord eu les Saints de glace, qui ont duré longtemps, il a fait froid jusqu’à fin avril ou début mai. Les abeilles ont pu se mettre au travail ensuite, mais elles avaient bien consommé leurs réserves pendant cette période. Puis la grosse canicule est arrivée. » Installé depuis six ans, Renaud Notteghem, qui a relevé jusqu’à 46,3°C sur son thermomètre cet été, a perdu 10 % de ses ruches. Il va devoir reformer des colonies, pour limiter les pertes de rendement.

« C’est une passion, une mission. Dans tous les cas, je continuerai »

« Si ça se trouve, l’année prochaine, on subira une nouvelle canicule », craint le jeune apiculteur du pic Saint-Loup, qui, malgré les aléas de sa profession, n’a jamais baissé les bras. « C’est de plus en plus compliqué, mais c’est une passion, une mission même, assure-t-il. Dans tous les cas, je continuerai. Est-ce qu’on pourra le faire ici, dans l’Hérault, ou dans le pourtour méditerranéen, en revanche, je ne sais pas. »

Une ruche, à la Fête du Miel, dans l'Hérault.
Une ruche, à la Fête du Miel, dans l'Hérault. - N. Bonzom / Maxele Presse

Jean-Pierre Almes, apiculteur depuis 40 ans, avait des ruches sur la plaine de Marsillargues, dans de la lavande, lorsque le gros coup de chaud est arrivé. « J’ai vite protégé mes ruches avec du carton ou du matériel isolant, pour essayer d’empêcher que le soleil ne tape dessus, raconte-t-il. J’ai eu la chance de ne pas avoir de casse. Mais la récolte n’a pas été très bonne. Les abeilles étaient occupées à essayer de refroidir la ruche, à aller chercher de l’eau, elles ne peuvent pas tout faire. Il fallait qu’elles protègent leurs bâtisses. Elles n’ont pas pu penser miel. Moi, je peux me permettre d’avoir de mauvaises années, ça passe. Mais pour des jeunes qui s’installent, ce doit être difficile. »

« Il existe déjà des parades »

Christian Pons, apiculteur à Cournonsec et président du syndicat professionnel l’Abeille héraultaise, a perdu 80 ruches dans son exploitation cet été. « La cire a fondu à l’intérieur, ça a bouché les entrées, tout était mort », déplore-t-il. Cependant, l’Héraultais croit encore fort à son métier. « Il existe déjà des parades, comme la pose d’isolants, ou le fait de mettre les ruches à l’ombre, explique-t-il. Il faudra aussi favoriser la transhumance, en étage, à 300 mètres [d’altitude], puis à 500 mètres, par exemple. Et il faudra l’attaquer plus tôt, au printemps sans doute, et ne pas attendre le mois de juin. »

Malgré les caprices de la météo, ou les pesticides, qui plombent le métier d’apiculteur, 60 à 80 personnes se forment chaque année aux ruches-écoles de l’Abeille héraultaise. Environ 10 % en font leur métier, d’autres font du miel pour compléter leurs revenus. Dans l’Hérault, il y a environ 600 apiculteurs, soit 30.000 à 40.000 ruches.