La Bretagne veut devenir le premier fournisseur d’hydrogène vert d’Europe

ENERGIE Une grande étude a été menée autour du potentiel régional de ce nouveau combustible

Camille Allain

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Illustration d'une éolienne offshore, ici au large du Croisic. L'hydrogène pourrait être produire par des éoliennes lors des périodes de forte production électrique.
Illustration d'une éolienne offshore, ici au large du Croisic. L'hydrogène pourrait être produire par des éoliennes lors des périodes de forte production électrique. — SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA
  • La région Bretagne vient de boucler une étude sur son potentiel à produire de l’hydrogène vert.
  • Ce gaz très léger peut être créé à partir d’une pile à combustible et de manière propre.
  • Les éoliennes offshore pourraient être utilisées pour en produire lors des périodes de forte production.

Il est très utilisé des industriels mais méconnu du grand public. L’hydrogène est pourtant de plus en plus présenté comme LE vecteur énergétique d’avenir. Capable de produire de l’énergie propre quand il est couplé à une pile à combustible, ce gaz extrêmement léger a le vent en poupe. Trois fois plus puissant que l’essence, il est déjà utilisé par l’industrie automobile mais aussi pour les lanceurs spatiaux.

Accompagnée de deux cabinets spécialisés, la région Bretagne vient de boucler une étude de potentiel de développement. Et visiblement, le potentiel est là. « De la production à la distribution, nous avons l’ensemble de la chaîne réuni sur notre territoire. Nous avons une carte à jouer pour être l’une des premières régions européennes sur l’hydrogène, voire la première », estime Jean-Noël Guerre, directeur adjoint de l’Ademe Bretagne.

S’il est aujourd’hui « gris » car produit avec des hydrocarbures (méthane notamment), l’hydrogène pourrait être « vert » demain et issu des énergies renouvelables. « Le problème, c’est le coût. Si on veut avoir un coût de production raisonnable, il faut du volume », résume André Crocq, vice-président de la région Bretagne chargé de la transition énergétique.

De l’hydrogène au pied des éoliennes

La région ambitionne notamment de transformer l’énergie de ses futures éoliennes offshore en hydrogène quand la production électrique sera excédentaire. Un moyen de stocker l’énergie produite plus écologique et plus efficace que des batteries. « Il faut pour cela installer des électrolyseurs. C’est là que se joue la différence de coûts car un petit électrolyseur coûte bien plus chef qu’un très gros », explique Bertrand Chauvet, du cabinet Seiya Consulting.

Un premier test devrait être lancé d’ici un an et demi à l’usine Michelin de Vannes (Morbihan) avec l’achat un électrolyseur capable d’alimenter le site industriel, mais aussi des véhicules sanitaires et quelques camions de transport. En Bretagne, les entreprises de transport mais aussi les grands sites comme les ports et aéroports représentent un potentiel fort de développement.

La production d’hydrogène offre en plus l’avantage d’être locale, contrairement aux hydrocarbures qui nous font dépendre de pays pas toujours vertueux. Environ 900.000 tonnes d’hydrogène sont consommées chaque année en France. D’ici 2023, 10 % de cette masse devra être « verte » et 30 % d’ici moins de dix ans.