VIDEO. Toulouse : Grâce à « Roberta », ils produisent en moins de deux du compost 100 % local

BIODECHETS L’association « Les Alchimistes Occiterra » vient d’acquérir un électro-composteur, une machine qui permet d’accélérer la transformation en compost des épluchures collectées dans les restaurants

Béatrice Colin

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Mathieu, Valentin et Jérémy des Alchimistes Occiterra devant l'électro-composteur
Mathieu, Valentin et Jérémy des Alchimistes Occiterra devant l'électro-composteur — B. Colin / 20 Minutes
  • Depuis un an, l’association « les Alchimistes Occiterra » collecte les biodéchets de plusieurs restaurants de la Ville rose pour les transformer en compost.
  • Après la méthode classique, ils viennent d’investir dans un électro-composteur pour accélérer le processus de fermentation.
  • Leur machine, baptisée « Roberta » peut « avaler » au quotidien 200 kg de biodéchets et les transformer en compost en 12 jours.

Ils ont un bon filon, celui de l’or noir. Mais cela n’a rien à voir avec le pétrole. Depuis un an, l’association « Les Alchimistes Occitera » collecte les  biodéchets de restaurants et magasins toulousains soucieux de réduire la taille de leurs poubelles, pour les transformer en compost.

Jusqu’à présent, comme n’importe quel particulier, pour changer les épluchures de carottes et autres concombres en engrais, ils utilisaient des bacs en bois. Mais depuis peu, « Roberta » est venue renforcer l’équipe et donner un coup d’accélérateur.

Ce n’est pas une bénévole pleine de bonne volonté mais le nom de baptême du premier éléctro-composteur de l’association, inauguré jeudi soir dans le quartier de Bellefontaine. Grâce à lui, la fermentation se fait désormais en douze jours alors qu’elle dure habituellement six mois.

Elle « mange » 200 kg par jour

« On reproduit ce qui se passe dans la nature. L’électro-composteur permet aux colonies de microbactéries d’être dans des conditions optimales. Il fonctionne grâce à une vis sans fin qui fait avancer la matière. Chaque jour, on peut lui donner à manger 200 kg de déchets organiques, auxquels on ajoute le même poids de bois broyé », détaille Mathieu Therial, un des cofondateurs de l’association.

Depuis le début de l’année, ses membres ont pédalé 5.500 km à vélo dans les rues de Toulouse pour collecter pas moins de 30 tonnes de déchets. Une fois réduits, ils ont donné 5 tonnes de compost. Avec Roberta, ils espèrent multiplier par dix les volumes traités. Une production qu’ils stockent ou qu’ils ont donnée à des maraîchers ariégeois pour qu’ils testent les qualités de leur super terreau made in Toulouse.

Pour changer d’échelle, ils pourraient déménager leur électro-composteur près de l’île du Ramier, sur un terrain de Toulouse Métropole. Et ainsi partir à la conquête de nouveaux clients qui déboursent environ 100 euros par mois pour un petit restaurant.

Ils peuvent déjà compter sur celui de Michel Sarran, d’Aux pieds sous la table, de l’école de cuisine de Thierry Marx, d’un Biocoop ou encore d’une maison de retraite.

L’étape suivante sera de mettre leur compost aux normes pour pouvoir le vendre. Et s’ils en ont l’autorisation, d’intégrer d’autres déchets d’assiette, comme la viande ou le poisson. Et à terme d’investir dans une grosse Roberta, capable d’ingurgiter toujours plus de biodéchets. Ce qui fera toujours ça en moins à brûler avec le reste de nos poubelles.