Haute-Garonne: A Ramonville, le maire prend (lui aussi) un arrêté anti-pesticides

ENVIRONNEMENT Après les maires de Langouët en Bretagne et de Montbrun-Lauragais en Haute-Garonne, celui de Ramonville a décidé de prendre ce mardi un arrêté « anti-pesticides »

Béatrice Colin

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Un jardinier utilisant des produits phytosanitaires pour désherber. (Illustration).
Un jardinier utilisant des produits phytosanitaires pour désherber. (Illustration). — ALLILI MOURAD/SIPA
  • Plusieurs maires prennent des arrêtés « anti-pesticides » pour interdire l’épandage à moins de 150 mètres des zones d’habitation.
  • Comme le maire breton de Langouët, qui estime qu’il y a une carence de l’Etat sur cette question, celui de Ramonville a décidé de prendre ce mardi un arrêté.
  • Après son adhésion à la charte « Villes et territoires sans perturbateurs endocriniens », Christophe Lubac estime qu’il y a une cohérence dans cette décision.

Lundi, l’arrêté anti-pesticides pris par Daniel Cueff, le maire de Langouët, était devant le tribunal administratif de Rennes, chargé de juger sa légalité. Pas de quoi refroidir les ardeurs du maire de Ramonville qui a décidé de suivre la voie ouverte par son homologue breton.

Ce mardi, Christophe Lubac (Génération. s) signera un arrêté visant à interdire l’utilisation de produits phytosanitaires chimiques « à une distance inférieure à 150 mètres minimum de tout lieu de vie ». Et vu la densité de construction sur cette commune du sud-est toulousain, cela laisse peu de surface possible pour y répandre des pesticides.

« Pour nous, cela suit une logique politique dans le cadre de notre Agenda 21. La ville est déjà engagée sur le Zéro phyto. Nous avons aussi signé la charte "Villes et territoires sans perturbateurs endocriniens". Quand on lutte contre les perturbateurs endocriniens, on lutte forcément contre les pesticides qui en sont », explique l’édile.

Accompagnement à la conversion

C’est dans cet esprit que cinq volontaires de la commune, parmi lesquels quatre élus, ont réalisé avant l’été un prélèvement capillaire pour connaître le taux de concentration en phtalate dans leur organisme. En attendant, les résultats, il a paru logique à Christophe Lubac de s’engager contre les pesticides.

« Ramonville n’est pas une ville où il y a beaucoup d’agriculteurs. Nous nous sommes inspirés de l’arrêté de Langouët mais aussi du village de Montbrun-Lauragais, en le modifiant avec un volet plus urbain. Nous avons précisé que la commune s’engageait aussi à accompagner les agriculteurs sur 2019 et 2020 pour leur conversion », poursuit Christophe Lubac qui s’était déjà engagé sur la question des compteurs Linky en prenant un arrêté​ pour faire respecter la liberté de refuser.