Centrale nucléaire de Golfech : Une erreur humaine provoque un incident, sans « aucune conséquence »

NUCLEAIRE Une erreur de manipulation a provoqué un incident sur un réacteur de la centrale nucléaire de Golfech. Sans conséquence, assure la direction de l’installation tarn-et-garonnaise

Nicolas Stival

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La centrale nucléaire de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne.
La centrale nucléaire de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne. — Alexandre GELEBART/20MINUTES
  • Une erreur humaine a été commise mardi lors d’une opération de maintenance à la centrale nucléaire de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne.
  • La direction assure qu’il n’y a eu « aucune conséquence » sanitaire ou environnementale.
  • Le site a été récemment pointé du doigt par l’Autorité de sécurité nucléaire (ASN) qui doit l’inspecter à partir de lundi.

L’incident remonte à mardi, mais il a été rendu public vendredi par la direction. Un ouvrier de la centrale nucléaire de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne, a fait une erreur de manipulation lors d’une opération de vidange de l’eau du circuit primaire du réacteur n° 2. Cette unité de production est à l’arrêt depuis le samedi 5 octobre, « pour procéder au renouvellement d’une partie de son combustible et réaliser des opérations de maintenance », selon la direction. Parmi ces opérations, il y a donc la vidange.

« Pour mener à bien la vidange du circuit primaire, un salarié de la centrale doit manœuvrer une vanne située sur un évent [matériel qui permet l’entrée ou la sortie d’air] du pressuriseur [destiné à empêcher l’ébullition de l’eau]. Cependant, peu avant la réalisation de son activité, le salarié est interrompu et il ne manœuvre pas la vanne. Les opérations de vidange du pressuriseur ont été engagées sans l’ouverture de l’évent, et donc dans une phase inappropriée de l’arrêt. »

Cette faute a été déclarée par la direction de Golfech à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) comme « un événement significatif sûreté » de niveau 1 (sur 7). « Cet événement n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, sur la sécurité du personnel, ni sur l’environnement », assurent les responsables de la centrale nucléaire, qui doit subir dès lundi une inspection poussée de l’ASN. Ironie du calendrier…

Un rapport de l’ASN critique envers la centrale

Dans son bilan annuel présenté le 25 septembre pour la région Occitanie, l’ASN avait constaté au sujet de Golfech, entre autres griefs : « la qualité des opérations d’exploitation s’est détériorée par rapport aux années précédentes, ce qui s’est traduit par la déclaration de nombreux événements significatifs pour la sûreté ». Quatre de ces « événements » ont été classés au niveau 1, comme celui de mardi.

Le réseau «Sortir du nucléaire» a quant à lui évoqué «une communication lénifiante» interrogeant notamment le délai entre l'incident (mardi) et son officialisation (vendredi). «La sûreté de l’installation est-elle vraiment maîtrisée, comme le laissent entendre l’ASN et EDF ?, questionne le collectif dans un communiqué. Les conséquences pour les travailleurs, les riverains et l’environnement peuvent-elles vraiment être exclues ? Comment la situation sur place a-t-elle été gérée, et par qui ?»