Méditerranée : Des coraux qu’on pensait décimés par une vague de chaleur ont en fait survécu

SCIENCES Des colonies de coraux qu’on croyait mortes ont en fait développé une technique pour survivre aux vagues de chaleur

20 Minutes avec agences

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Des coraux, illustration
Des coraux, illustration — MARCEL MOCHET / AFP

Les coraux ressuscitent ! Pour la première fois, des scientifiques ont trouvé en Méditerranée des coraux qui ont repoussé alors qu’on les pensait morts à la suite d’une vague de chaleur. La découverte a été faite lors d’expéditions de plongée près des îles espagnoles de Columbretes.

A l’origine de cette découverte, rapportée dans une étude ce mercredi dans la revue Science Advances, le chercheur allemand Diego Kersting et la chercheuse espagnole Cristina Linares. Depuis 2002, les deux collègues surveillent 243 colonies du corail Cladocora caespitosa. Ils commentaient jusqu’ici rigoureusement la mortalité due au réchauffement de l’eau et du climat.

Une « stratégie de survie » des coraux

Les colonies de corail sont constituées de minuscules créatures appelées polypes, qui sécrètent un exosquelette en carbonate de calcium (du calcaire). « Un jour, on a commencé à voir des polypes vivants dans ces colonies, qu’on croyait complètement mortes », explique Diego Kersting, pour qui cette découverte a été une « grande surprise ».

Ils ont ainsi découvert que dans 38 % des colonies touchées, les polypes avaient développé une stratégie de survie. Ils ont rétréci, abandonné leurs anciens squelettes et, sur plusieurs années, développé de nouveaux exosquelettes. L’espoir des chercheurs est que le même phénomène se produise ailleurs dans le monde, notamment dans la Grande barrière de corail d’Australie.

« C’est clairement une bonne nouvelle », selon Diego Kersting. « Mais le problème est que ces vagues de chaleur marine se produisent désormais en Méditerranée et ailleurs dans le monde tous les étés ou tous les deux étés. Si on a ces vagues de chaleur tous les étés, et qu’à chaque fois 10 ou 15 % de la couverture est tuée, on comprend bien que ce n’est pas durable. […] Il faut stopper le changement climatique, car sinon cela ne suffira pas. »