Côte d’Azur : Dans le Mercantour, ils enlèvent les barbelés de la montagne

ENVIRONNEMENT Installés par l’Italie pendant la Seconde Guerre mondiale sont démontés, ces pics de fer sont devenus dangereux pour les animaux, les randonneurs et la planète

Mathilde Frénois

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Dans la vallée de la Roya, des bénévoles ont enlevé des barbelés de la montagne.
Dans la vallée de la Roya, des bénévoles ont enlevé des barbelés de la montagne. — Mountain Wilderness
  • La ligne frontière fortifiée est en train de disparaître.
  • Installés dans les années 30 sous Mussolini, ces barbelés sont retirés petit à petit par des bénévoles.
  • Près de 184 tonnes de ferraille ont déjà été évacuées.

Elle a été matérialisée quand l’Union européenne n’existait pas. Et quand ce territoire était encore italien. Au sein du Mercantour, une ligne frontière fortifiée est en train de disparaître. Installés dans les années 30 sous Mussolini, ces barbelés sont retirés petit à petit par des bénévoles, pour que ces chantiers de l’Histoire ne laissent pas de stigmates dans la nature.

« Les barbelés sont un problème par rapport au paysage. Ça laisse une cicatrice pas très esthétique, explique Francine Brondex, bénévole à Mountain Wilderness, l’association qui gère l’opération. C’est aussi un problème pour la faune domestique et sauvage : les brebis, les vaches, les chamois et les bouquetins se prennent les pattes dans les barbelés. Certaines espèces d’oiseaux comme le tétras-lyre peuvent aussi se blesser. » Dangereux aussi pour les hommes, pour peu qu’il y ait un peu de neige et qu’un randonneur mette les pieds dessus.

Patrimoine historique

Les bénévoles de Mountain Wilderness retirent les barbelés de la montagne.

Alors depuis 2002, l’association et le parc du Mercantour procèdent au démantèlement des barbelés. Près de 184 tonnes de ferraille ont déjà été enlevées, dont deux tonnes lors de la dernière session en septembre, sur une cime au-dessus de la vallée de la Roya. « On y va à la force des bras. On tire sur les barbelés qui sont à moitié enterrés et on enlève les pieux d’acier, raconte la volontaire. On fait un gros tas emballé dans une bâche. Le tout est évacué par hélicoptère. » Avant d’être traité et recyclé par un ferrailleur.

Depuis le début du démantèlement, plus de 1.000 bénévoles se sont attelés à effacer cette ferraille de la montagne, mais pas des études des chercheurs : « C’est un patrimoine historique, pointe Francine Brondex. Avant de les enlever, on procède à un inventaire. Les barbelés sont répertoriés pour garder la mémoire de la Seconde Guerre mondiale. »