Apiculture : Les récoltes de miel en très forte baisse en Europe

BZZ BZZ Cela fait plusieurs années que le secteur s’enfonce dans la crise

20 Minutes avec AFP

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Des ruches et des apiculteurs, en France. (illustration)
Des ruches et des apiculteurs, en France. (illustration) — GILE Michel/SIPA

2019 est une année noire pour de nombreux apiculteurs européens, notamment les Français et les Italiens, qui évoquent la pire récolte de leur histoire, à cause des aléas climatiques. En Italie, le principal syndicat agricole, la Coldiretti, fait état d'« une récole de miel quasiment divisée par deux » par rapport aux 23.300 tonnes collectées en 2018.

En France, la récolte « devrait être la plus mauvaise des annales », estime également l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) : « Moins de 9.000 tonnes », soit quasiment quatre fois moins que dans les années 1990. En Roumanie la « championne » européenne, la production devrait être inférieure à la moyenne (de 25.000 tonnes) de ces dernières années. Et en Espagne, premier pays en nombre de ruches, la récolte est en berne depuis 2015, avec une baisse de 5,2 % en 2017 et une campagne 2018 « pas à la hauteur des espérances », selon le ministère de l’Agriculture.

Le climat pointé du doigt

La Coldiretti explique cette chute par « l’évolution anormale du climat » : de janvier à début septembre, elle a recensé plus d’un millier d’événements météorologiques extrêmes en Italie (+56 % par rapport à 2018). L’Unaf évoque elle aussi une « catastrophe climatique ». Alors que les colonies étaient très peuplées au printemps, le froid soudain les a affaiblies, puis est arrivée la canicule fin juin. Dans certaines zones du sud de l’Hexagone, la chaleur a fait fondre la cire dans les ruches, piégeant les abeilles.

La chute de la production en Italie devrait entraîner une baisse des revenus de 73 millions d’euros cette année. Tous espèrent une amélioration des conditions climatiques l’an prochain. Mais le président de l’Unaf, Gilles Lanio, craint « un contrecoup ». Pour sauvegarder les ruches, « les abeilles ont déclenché des mouvements réflexes et tué tous les mâles pour éliminer des bouches à nourrir inutiles » : à cause du manque de mâles pour s’accoupler, il risque d’y avoir « un déficit de reines fécondées » au printemps prochain.

Le miel chinois aussi

De surcroît, on assiste ces dernières années à une surmortalité des abeilles liée à une « épidémie » de l’acarien parasite varroa, un développement « hors contrôle » du frelon asiatique en Europe et « l’utilisation intense de pesticides dans l’agriculture », selon le rapport Cyclope, qui fait chaque année un état des lieux des matières premières.

Alors que leur production chute, les apiculteurs tirent aussi la sonnette d’alarme vis-à-vis des importations massives de miel chinois –accusé d’être « adultéré », coupé par exemple avec du sirop. Aucune législation européenne n’oblige les producteurs à préciser la provenance du miel. S’affiche ainsi sur les étiquettes « mélange de miels originaires et non originaires de la Communauté européenne », alors même que le produit peut contenir 99 % de miel chinois et seulement 1 % de miel français. Plusieurs mesures sont prévues pour venir à bout de ce flou.