Ces lionceaux, victimes de trafic et soignés dans la Loire, vont rejoindre un parc protégé d’Afrique du Sud

PROTECTION DES ANIMAUX Quatre lionceaux, placés et soignés au zoo de Saint-Martin-la-Plaine, au sud de Lyon, vont être accueillis dans un parc préservé d’Afrique du Sud. Un lieu où les places sont rares

Elisa Frisullo

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Dadou avait été placé au zoo de Saint-Martin-la-Plaine (Loire) après avoir été saisi dans une voiture de luxe en 2018  sur les Champs-Elysées à Paris.
Dadou avait été placé au zoo de Saint-Martin-la-Plaine (Loire) après avoir été saisi dans une voiture de luxe en 2018 sur les Champs-Elysées à Paris. — association Tonga
  • Fin 2018, le zoo de Saint-Martin-la-Plaine, au sud de Lyon, recueillait quatre lionceaux victimes de trafic et trouvés aux quatre coins de la France.
  • Après avoir été remis sur pied par l’association Tonga, ces fauves vont quitter la Loire prochainement pour être accueillis dans un parc protégé d’Afrique du sud.

A leur arrivée dans la Loire, les quatre fauves étaient mal en point. C’est donc avec le sentiment du devoir accompli que les soigneurs de l'association Tonga terre d'accueil s’apprêtent à les voir s’envoler pour l’Afrique du Sud. Le 10 octobre, Dadou, Thea, Kuuma et Horus vont rejoindre un parc protégé de la Fondation Born Free, a appris 20 Minutes ce mercredi du zoo de Saint-Martin-La-Plaine, situé à 45 minutes de Lyon dans la Loire.

Dadou (aujourd(hui sur cette photo) est accueilli à Saint-Martin-la-Plaine dans la Loire.
Dadou (aujourd(hui sur cette photo) est accueilli à Saint-Martin-la-Plaine dans la Loire. - Tonga Terre d'accueil

Il y a un an, ces quatre lionceaux avaient été placés par les autorités au sein de l’association Tonga, créée par le parc zoologique pour accueillir les animaux victimes de trafic. « Nous avions accueilli ces quatre bébés à quelques semaines d’intervalle fin 2018 », se souvient Jean-Christophe Gérard, vétérinaire. Horus, le plus âgé des lionceaux, est le premier à être arrivé à Saint-Martin-la-Plaine, peu de temps après avoir été trouvé dans un appartement en banlieue parisienne en octobre 2018, à l’âge de 2 mois.

Découverte à trois mois dans un garage

Quelques heures après l’accueil du jeune fauve, l’association avait récupéré Kuuma, découverte dans un garage à Marseille dans un état très inquiétant. Elle était alors âgée de trois semaines. « Dadou, mâle de 11 mois environ aujourd’hui, avait été saisi dans une Lamborghini sur les Champs-Élysées à Paris à l’âge approximatif de 3 mois », indique Tonga terre d’accueil. Thea, petite lionne, alors âgée d’environ 3 mois, avait été déposée par un particulier devant le zoo d’Amnéville, dans un état critique. Aujourd’hui, cette femelle et ses trois autres compagnons sont en bonne santé, ce qui leur permet d’être transférés en Afrique.

30 félins victimes de trafic recueillis depuis onze ans

Un départ dont se réjouissent les personnels du zoo, car dans cet espace sécurisé et protégé des chasseurs et braconniers, les places sont rares. « Nous avons déjà envoyé des fauves par le passé, mais jamais quatre lionceaux en même temps », confie Jean-Christophe Gérard, qui a pris soin des félins ces derniers mois. « Nous sommes une structure d’accueil temporaire. Nous les avons soignés, remis sur pied, nous avons créé un groupe social. Ils peuvent désormais s’envoler pour l’Afrique. »

Pour Pierre Thivillon qui a fondé le zoo de Saint-Martin-la-Plaine, cette nouvelle vie qui s’offre à eux est une belle aventure en perspective. « Nous aurions pu tenter de les mettre dans des zoos français ou européens comme cela a été le cas pour la trentaine de félins que nous avons recueilli ces onze dernières années. Mais là, nous avons cette chance exceptionnelle grâce à 30 Millions d’amis et Born Free de pouvoir les envoyer en Afrique du Sud ».

Théa, petite lionne et Pierre Thivillon directeur du zoo de Saint-Martin-la-Plaine.
Théa, petite lionne et Pierre Thivillon directeur du zoo de Saint-Martin-la-Plaine. - Tonga Terre d'Accueil

Dans leur réserve naturelle, les fauves seront soignés aux côtés de quinze autres félins déjà pris en charge en Afrique, mais jamais ils ne pourront être relâchés dans la nature. « Ces animaux, nés en captivité et qui ont fait l’objet de trafic ensuite, sont imprégnés par l’homme. Ils ont été nourris par l’homme. Ils ne survivraient pas dans la nature. Ils ne savent pas chasser, ils ne sauraient pas se protéger, ils iraient au contact des hommes », ajoute le vétérinaire.