Air France va compenser ses émissions de CO2 sur les vols intérieurs dès 2020

PLANETE L'entreprise compte consacrer plusieurs millions d'euros pour se mettre au vert

20 Minutes avec AFP

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Des avions d'Air France à Roissy (illustration).
Des avions d'Air France à Roissy (illustration). — Christophe Ena/AP/SIPA

La compagnie Air France prévoit de compenser à partir de 2020 toutes les émissions de CO2 des quelque « 500 vols intérieurs » effectués par ses avions chaque jour en France, a indiqué la directrice générale d’Air France, Anne Rigail, dans une interview au Parisien. « Air France le fait volontairement sans y être contraint. C’est un investissement de plusieurs millions d’euros », a déclaré la dirigeante dans cet entretien publié lundi soir sur le site Internet du quotidien.

La façon de compenser se fera « par le financement de projets de plantations d’arbres, de protection des forêts, de transition énergétique ou encore, de sauvegarde de la biodiversité », a précisé la responsable. La première compagnie aérienne française prévoit aussi de supprimer tous les plastiques à usage unique à bord à partir de janvier, et de « commencer à trier et recycler les déchets » dès ce mois d’octobre.

Interrogée sur le flygskam, mot suédois qui signifie « honte de prendre l’avion parce qu’il pollue », Anne Rigail a souligné qu’Air France n’avait « pas assez de recul » pour savoir si des baisses de fréquentation avaient eu lieu à cause de ce mouvement qui se répand à partir de la Suède.

Les faillites, une opportunité pour Air France

Elle a également affirmé que la taxe française sur le transport aérien, qui doit rapporter 60 millions d’euros par an, à raison de 1,50 euro par passager en classe éco et 18 euros en classe affaire, est « un non-sens ». « Nous ne sommes pas contre l’écotaxe, mais contre son utilisation », a-t-elle dit. « Elle serait vertueuse si elle permettait de financer la recherche sur les avions ou de créer une filière sur les biocarburants » : or, elle va financer « le transport routier, qui représente 15 % des émissions de CO2 au niveau mondial contre 2 à 3 % pour l’aérien, et le ferroviaire qui sont déjà largement subventionnés ».

Interrogée sur la disparition d’Aigle Azur et peut-être d’XL Airvays, la dirigeante n’a pas fait mystère du fait qu’Air France vise à récupérer leurs créneaux horaires : « Nous avons besoin de croître à Orly. Cela nous paraîtrait totalement contre-productif que beaucoup de ces créneaux soient transférés à des compagnies étrangères alors que l’on a déjà une forte concurrence étrangère en France ».