Notre-Dame-des-Landes : Même si « tout n’est pas réglé », la ZAD sera agricole et surtout bio

AGRICULTURE Une vingtaine de baux ruraux d'une durée de neuf ans ont été signés, et un projet agricole du territoire défini

J.U.

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La ZAD de Notre Dame des Landes. Illustration
La ZAD de Notre Dame des Landes. Illustration — SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA;
  • Un an et demi après l'évacuation de la ZAD, plusieurs agriculteurs ont signé des baux ruraux sur les terres rétrocédées au conseil départemental.
  • La majorité des projets s'inscrit dans une démarche d'agriculture biologique.

Un an et demi après l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le devenir de cette zone de 1.450 ha se précise franchement. Ce lundi, le président du conseil départemental de Loire-Atlantique (propriétaire de la majorité des terres) a présenté les contours du nouveau projet agricole et environnemental qui y sera mené. Si celui-ci n’est pas encore très concret, « ce territoire très singulier continuera à être protégé mais aussi à se développer », assure Philippe Grosvalet. « L’objectif est bien de préserver l’usage agricole et la pérennité du bocage. C’est le modèle bio qui sera dominant », confirme-t-il. Près de 3 millions d’euros seront investis par l’Etat et la collectivité.

Six mois après la rétrocession des terres qui avaient été acquises par l’Etat pour la réalisation de l’aéroport, le département sait désormais qui en seront les principaux locataires. Des baux ruraux, 24 exactement, ont été approuvés depuis la fin du mois d’avril. Ils ont été signés pour moitié par des agriculteurs historiques et pour l’autre par des zadistes, et ce pour une durée de neuf ans.

Une quinzaine d’entre eux « disposent de clauses environnementales de niveau 2, c’est-à-dire équivalent à celles de l’agriculture bio », se félicite le département. Il s’agira principalement d’élevage, mais quelques initiatives de maraîchage, prônant les circuits courts et la vente directe, pourront donc aussi se développer sur l’ex-ZAD. Tous les agriculteurs paieront un loyer.

Des différends persistent

« Tout n’est pas réglé », prévient cependant le conseil départemental, alors que des différends persistent quant à l’attribution de certaines parcelles et que la situation actuelle est le fruit « d’un compromis, et non d’un consensus ». Il y a deux semaines, s’est déroulée une manifestation d’anciens zadistes qui souhaitent « faire grandir un espace d’expérimentations sociales et agro-écologiques aux portes de Nantes » et « asseoir définitivement les installations issues de la lutte » sur 220 hectares. L’examen de ces dossiers a été repoussé, explique-t-on.

Selon Philippe Grosvalet, il y a encore « beaucoup de sujets sur lesquels nous devons avancer », comme celui de l’habitat. Concernant la protection des espaces boisés de la ZAD, une enquête publique a été lancée dans le but d’étendre le périmètre de protection des espaces agricoles et naturels (Pean).

Quant aux quelque 220 hectares de terres appartenant à l’Etat, sur lesquelles des conventions d’occupation précaires ont été signées, le conseil départemental a déjà annoncé sa volonté de les acquérir « le jour où l’Etat voudra s’en séparer ». Les zadistes, qui ont lancé un fonds de dotation, sont eux aussi sur les rangs.