Chili : Une chasse au trésor pas très écolo sur l’île de Robinson Crusoé provoque la polémique

ENVIRONNEMENT Un entrepreneur américain cherche ce trésor censé contenir plusieurs tonnes d’or et de bijoux depuis plus de 20 ans

20 Minutes avec agences

— 

Un trésor. (Illustration)
Un trésor. (Illustration) — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Peut-on passer outre le respect d’une zone protégée pour déterrer un trésor caché au XVIIIe siècle par des pirates ? La question agite actuellement le Chili. L’autorisation délivrée par les autorités du pays pour des forages sur l’île de Robinson Crusoé, dans l’Océan Pacifique, a en effet lancé la polémique ce mardi.

La Corporation nationale forestière (Conaf) a accédé pour la première fois à la demande d’un entrepreneur et chercheur américain, Bernard Keiser. Ce dernier, âgé de 69 ans, cherche depuis plus de vingt ans un trésor censé contenir plusieurs tonnes d’or et de bijoux, qui aurait été enterré sur l’île par des pirates en 1714.

Seule la force humaine était autorisée jusque-là

L’île de Robinson Crusoé fait partie, avec l’île Alexander Selkirk, de l’archipel Juan Fernandez, situé à 700 km des côtes chiliennes. Le lieu est classé Parc national depuis 1935 et Réserve mondiale de biosphère depuis 1977 par l’Unesco.

Jusque-là, Bernard Keiser n’avait été autorisé à utiliser que la force humaine pour mener ses recherches. Il peut désormais utiliser un engin pour creuser sur un « terrain de 20x20 mètres (400 m²) qui a été dûment étudié et approuvé par les organismes compétents », a fait savoir la Conaf dans un communiqué.

Mais pour le Conseil des parcs nationaux, cette autorisation « viole » l’interdiction en vigueur dans ce type de parcs d’enlever ou d’extraire du sol de l’humus, de la tourbe, du sable, du gravier, des roches ou des couches du sol.

Il cherche le trésor depuis plus de 20 ans

Entrepreneur prospère travaillant pour la Nasa, Bernard Keiser a commencé ses recherches en 1998, à partir de documents originaux du début du XVIIIe siècle hérités des anciens habitants de l’île, qu’il a ensuite confrontés aux archives historiques d’Espagne et de Grande-Bretagne.

Après deux décennies de recherches, financées sur sa fortune personnelle, il a découvert quelques objets, tels des boutons d’argent, des tessons de porcelaine chinoise, nourrissant sa théorie selon laquelle les marins européens ont utilisé ce territoire isolé comme refuge et cachette sur les routes du Pacifique sud.

Ses recherches se concentrent dans la zone du « Port des Anglais », dans l’ouest de l’île devenue célèbre grâce à la littérature. Un marin écossais abandonné là au début du XVIIIe siècle, Alexander Selkirk, y passa quatre ans seul et inspira à Daniel Defoe (1660-1731) son célèbre roman Robinson Crusoé.