Comment Toulouse va chauffer des logements et son CHU grâce à des ordures ménagères et à un data center

ENVIRONNEMENT Un énorme réseau de chaleur entre en service à Toulouse. Il permet de chauffer de façon écolo l’équivalent de 15.000 logements grâce aux ordures incinérés et aux ordinateurs d’un data center

Hélène Menal

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Dans le QG du nouveau réseau de chaleur
Dans le QG du nouveau réseau de chaleur — H. Menal - 20 Minutes
  • Un réseau de chaleur long de 36 kilomètres entre en service à Toulouse.
  • Il utilise à 70 % des énergies locales récupérées, grâce à un incinérateur à ordure ou encore les ordinateurs d’un data center.
  • Grâce à ce système plutôt écolo, le CHU de Rangueil ou le siège du Cnes devraient voir leur facture énergétique fondre de 7 %.

Grâce aux poubelles des Toulousains, le CHU​ de Rangueil devrait économiser quelque 120.000 euros sur sa prochaine facture annuelle de chauffage. Plus exactement grâce à l’énergie thermique produite, à l’autre bout de la ville, par l’incinérateur du Mirail. Cette valorisation des déchets pour produire l’eau chaude domestique et alimenter les radiateurs n’est pas nouvelle à Toulouse. Au Mirail, de nombreux immeubles en profitent depuis le début des années 70.

Mais le système vient de changer d’échelle avec l’inauguration du réseau de chaleur baptisé « Plaine Campus », « le plus grand construit en France au cours des cinq dernières années », affirme Sylvie Jéhanno, la PDG de Dalkia à qui la Métropole a confié la construction et l’exploitation de ce nouveau système.

Ce réseau-là ne se contente pas de traverser une rue ou un quartier, il court le long de 36 kilomètres de canalisations, plonge sous la Garonne, enjambe le Canal du Midi et la rocade pour rejoindre la zone Aerospace Campus, le berceau des pionniers de l’Aéropostale, d’où il est piloté. Sur place, il utilise même la chaleur produite par les ordinateurs du « data center » tout proche et se diversifie pour fournir aussi la climatisation dans le voisinage.

Comme si 9.000 voitures ne roulaient plus

Il y a pour l’heure 135 gros clients, soit « l’équivalent de 15.000 logements » pour ce réseau qui utilise à 70 % des énergies de récupération locales. Parmi eux, le CHU de Rangueil donc (qui se chauffait essentiellement au gaz) mais aussi le Cnes ou les logements sociaux de Toulouse Habitat. Pour eux, la facture énergétique va fondre de 7 %, selon, Michel Peyron, le directeur régional de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise d’énergie (Ademe). Sans compter l’avantage de la stabilité « face à des énergies fossiles au coût difficilement prévisible ». Selon Dalkia et la Métropole, le réseau va éviter l’émission de 19.000 tonnes de CO2 par an. « C’est comme si on retirait 9.000 voitures de la circulation », souligne Jean-Luc Moudenc, le président de Toulouse Métropole.

Mais les maisons individuelles ou les petits immeubles situés le long des canalisations ne peuvent pas s’y connecter. L’opération nécessite la construction d’une « sous-station » et ne devient rentable qu’à partir de 60 à 70 logements dans le même bâtiment.