Amérique du Nord : Trois milliards d’oiseaux en moins depuis 1970, selon une étude

FAUNE La disparition des forêts, l’utilisation de pesticides et plusieurs autres facteurs seraient en cause dans ce déclin

20 Minutes avec agences

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Illustration: Des oiseaux volent près d'une église le 8 octobre 2015.
Illustration: Des oiseaux volent près d'une église le 8 octobre 2015. — AFP PHOTO / CHARLY TRIBALLEAU

La population d’oiseaux d’Amérique du Nord s’est effondrée d’un quart depuis 1970, selon une étude publiée ce jeudi dans la revue Science. Cela représente près de trois milliards de volatiles en moins dans la nature.

90 % des pertes observées concernent douze familles d’oiseaux, dont des moineaux et bruants, des parulines, des merles ou le chardonneret jaune. Ces chiffres correspondent au déclin observé ailleurs dans le monde, et notamment en France : entre 1989 et 2017, le déclin des oiseaux y a été estimé à 30 % par l’Observatoire national de la biodiversité.

Les oiseaux des campagnes en déclin, les oies en hausse

L’étude combine deux sources de données : des relevés annuels effectués chaque printemps au moment de la saison de reproduction par des milliers de bénévoles, et les relevés de 143 stations radars qui détectent les masses d’oiseaux pendant leur migration la nuit.

Les oiseaux des campagnes sont les plus touchés, sans doute en raison de la réduction des prés et prairies au profit des terres agricoles et de l’utilisation de pesticides. Mais les oiseaux des forêts et les généralistes sont aussi en déclin. Les canards et oies sont la grande exception : leurs populations ont augmenté depuis 1970.

Les fenêtres des maisons, un réel danger

« On observe la même chose partout dans le monde, l’intensification de l’agriculture et les modifications du paysage font pression sur ces populations d’oiseaux », indique l’ornithologue Ken Rosenberg, coauteur principal de l’étude. « Désormais, on voit des champs de maïs ou d’autres cultures jusqu’à l’horizon, tout est propre et mécanisé, il n’y a plus de place pour les oiseaux, la faune et la nature. »

Les causes sont encore mal comprises. Mais les ornithologues évoquent aussi d’autres facteurs comme les chats en liberté ou les fenêtres des maisons contre lesquelles les oiseaux se fracassent. Une cause de mortalité loin d’être anodine : entre 365 millions et un milliard d’oiseaux seraient tués chaque année dans ces collisions.