Que doit-on attendre des grèves et des marches pour le climat de ce week-end ?

MANIFESTATIONS Comme mi-mars et mi-mai, deux nouvelles journées de mobilisations climatiques sont prévues, en France et dans le monde, vendredi et samedi. Elles viseront à mettre la pression sur les Etats à la veille du Sommet de l’ONU pour le climat, lundi, à New York

Fabrice Pouliquen

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De nouvelles journées de mobilisations climatiques sont prévues, en France et dans le monde, ces vendredi et samedi.
De nouvelles journées de mobilisations climatiques sont prévues, en France et dans le monde, ces vendredi et samedi. — AFP
  • Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, attend des Etats qu’ils viennent à New York avec l’intention de revoir à la hausse leurs objectifs climatiques, aujourd’hui insuffisants pour limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C d’ici à 2100.
  • Les ONG environnementales et collectifs citoyens l’espèrent aussi et entendent le rappeler vendredi et samedi lors de nouvelles journées mondiales de mobilisation.
  • En France, ce jeudi soir, une centaine de grèves des écoles étaient répertoriées pour la journée de vendredi, de même qu’une soixantaine de marches pour le climat le lendemain.

Une grève des écoles pour le climat en forme de coup d’envoi, ce vendredi. Puis une marche intergénérationnelle le lendemain, pour prendre la balle au rebond.

L’enchaînement devient habituel pour ces grandes mobilisations mondiales en faveur du climat, lancées à l’appel de la jeune activiste suédoise Greta Thunberg. La première a eu lieu les 15 et 16 mars derniers. La grève de l'école avait alors réuni 200.000 jeunes en France et la marche du siècle, le lendemain, entre 145.000 et 350.000* manifestants.

Une seconde avait suivi les 23 et 24 mai derniers, mais avait rencontré un succès moindre en France. En particulier du côté étudiant. « Nous étions alors à la veille des examens et des épreuves de fin d’année », justifie Mathis Grossnickel, du mouvement Youth for Climate France.

Une centaine de grèves des écoles en France ce vendredi

L’été est passé et les ONG environnementales et mouvements citoyens à l’origine de ces mobilisations reviennent revigorées comme jamais. « On dépasse désormais les 5.000 manifestations organisées sur ces deux jours à travers 56 pays, dont 34 en Europe », lance Aude Schmuck, en charge des mobilisations climat à Greenpeace. En France, ce jeudi soir sur le site internet globalclimatestrike.net, une centaine de mobilisations étaient répertoriées pour la journée de vendredi, et une soixantaine pour celle de samedi.

A Paris, la grève pour le climat partira à 13h de la place de la Nation (rendez-vous à 12h30), puis passera par le boulevard Diderot et l’avenue Daumesnil pour terminer au parc de Bercy. Le lendemain, le rendez-vous est fixé place Edmond-Rostand, aux abords du Jardin du Luxembourg, pour un départ à 13h30 direction, une nouvelle fois, le parc de Bercy. « Il y aura deux cortèges, précise Aude Schmuck. L’un à pied, l’autre en mobilité douce (vélos, trottinettes…). »

« Mettre la pression à la veille du Sommet de l’ONU pour le climat »

Les organisateurs espèrent dépasser largement les chiffres du 23 et 24 mai et approcher le plus possible, voir battre, ceux des 15 et 16 mars. L’enjeu ? « Mettre la pression sur les dirigeants politiques à la veille du Sommet sur le climat, organisé par l’ONU à New York ce lundi », rappelle Élodie Nace, porte-parole des collectifs ANV-COP21 et Alternatiba.

Le rendez-vous est en effet crucial dans l’agenda climatique. Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, attend de ce sommet que les pays revoient à la hausse leurs engagements de réductions de gaz à effet de serre. « Car ce qui a été promis à Paris [lors de la COP21, en 2015] ne suffit pas et n’est même pas mis en œuvre à l’heure actuelle », rappelait-il le 26 août dernier, lors du G7 de Biarritz.

En France, justice climatique… et sociale

En France, ces deux journées de mobilisation prendront aussi une couleur particulière, en liant étroitement les contestations climatiques et sociales derrière le slogan « Fin du monde, fin du mois : même combat ». « Pour la première fois, les grèves du vendredi ne se limiteront plus à la jeunesse et devraient être beaucoup plus intergénérationnelles », indique Aude Schmuck. « Deux syndicats, Solidaires et Sud Éducation, ont ainsi déposé  des préavis de grève pour la journée du vendredi », précise Élodie Nacé.

La CGT, la FSU et la CFDT signent, de leurs côtés, un appel commun « à participer sous différentes modalités d’action aux initiatives alliant justice sociale et écologique ».

A Paris, la journée de samedi ne se résumera pas non plus à la seule marche pour le climat prévue l’après-midi. « Dès le matin, à 9h, un rendez-vous est proposé pour les marcheurs qui souhaitent porter cette convergence entre les justices climatiques et sociales », prévient Aude Schmuck. Le lieu est encore à confirmer [ce n’est plus la place de la Madeleine, comme initialement prévu]. Il devrait associer des militants écologiques, des syndicalistes, mais aussi des collectifs de « gilets jaunes », qui prévoient de faire leur grand retour sur Paris ce samedi.

Ce vendredi comme point de départ d’une semaine de mobilisation ?

Les grèves des écoles, prévues ce vendredi à travers le monde, lanceront une semaine de mobilisation internationale pour le climat. Elle doit notamment accompagner le premier sommet de la jeunesse sur le climat organisé par l’ONU, ce samedi, à New York.

« Plusieurs rebonds sont aussi prévus en France », ajoute Mathis Grossnickel, de Youth Climate France. Il évoque un « clean walk challenge » organisé mercredi dans plusieurs grandes villes de France. « Soit des marches au cours desquels on ramasse les déchets avec des classements par région », précise-t-il.

Des actions de désobéissances civiles sont aussi prévues le vendredi 27 septembre. « Du même genre que ce que Youth Climate France avait fait le 14 juillet, en bloquant durant plusieurs heures un restaurant McDonald’s au centre-ville de Bordeaux », précise-t-il.